vendredi 26 août 2011
Tokyo! : A boire et à manger
lundi 15 août 2011
Le Prestige : Prestige d'agitateur(s)

Le prestige. Au sens propre, et au figuré. Strictement, vous connaîtrez sa définition en regardant les premières minutes. Au figuré, il vous faudra plus de temps pour se rendre compte de la maîtrise du réalisateur. En d'autres termes, il joue sur le prestige du cinéma de nous mener en bateau. A la manière de Memento, il entremêle les scènes entre aller et retour, prolepses et analepses, comme il battrait les cartes avec une idée précise de son jeu et de ce qu'il cache dans sa manche.
Nolan joue sur un thème répandu dans la littérature – puisqu'il faut rappeler que le film est une adaptation de nouvelle - et le septième art : la rivalité. Néanmoins, il le traite avec l'originalité de son savoir-faire de cinéaste, mêlant thriller, fantastique, et drame. De la même manière, il ne se limite pas aux relations conflictuelles régies par des affaires sentimentales, mais se sert des apparences pour détourner l'objet et le but de ce conflit général, jusqu'à enfermer les personnages dans le monde de la chimère et de la virtualité, en bref du spectacle, qu'il soit « magie » ou « science pure ».
Le film s'achève malheureusement sur une résolution prévisible, mais qui a pour mérite de laisser une fenêtre entrouverte par le doute autour du tour qui nous est joué, et qui va donc au-delà d'une vérité illusoire qu'on veut bien nous vendre, à nous, demandeurs crédules. Aussi, et c'est bon signe, sa relative complexité structurelle en fait un film à revoir pour tenter de faire s'évanouir l'illusion à défaut de résoudre un mystère dont on connaît (ou du moins on se doute) l'aboutissant.
Double, la médaille comporte donc sa face brillante, mais aussi son revers. Il est vrai que l'on peut s'ennuyer face à des scènes, qui, remises dans l'ordre, peuvent perdre de leur éclat (Shutter Island, où es-tu ?). Ce à quoi je rétorquerais qu'il faut savoir saisir ce que le réalisateur suggère en filigrane à travers une lecture sur plusieurs plans qui se fait grandement à l'aide des personnalités ambivalentes et antagonistes des personnages. D'ailleurs, en plus d'interroger sur le spectacle et par conséquent l'art cinématographique, il est également moteur de réflexions personnelles sur l'être intime et l'être social, sur l'être et le paraître... même si dit comme ça cela peut paraître risible, justement.
Alors, Le Prestige, de l'or ou du plaqué ? Pour moi, c'est un tour de passe-passe réussi qui emploie les moyens cinématographiques à des fins époustouflantes. Mais après tout, qu'est-ce qu'on en a à faire de mon avis ? Tout le monde sait que la vérité est ailleurs...
8/10
vendredi 22 juillet 2011
L'autre monde : Je rêvais d'un autre... justement.
vendredi 24 juin 2011
City Of Life and Death
mardi 14 juin 2011
Les valseuses : "On n'est pas bien là ?"
jeudi 9 juin 2011
Detective Dee : Il faut toujours se fier à son instinct
mercredi 8 juin 2011
Les invasions barbares : Une évasion barbante ?
mardi 17 mai 2011
The tree of life : Ou le blockbuster de la grenouille de bénitier
lundi 16 mai 2011
La part des ténèbres : King Romero ? King size !
dimanche 8 mai 2011
Le corbeau : Le corps, mais surtout l'Esprit
mercredi 20 avril 2011
Nord : A l'Ouest ?
Une fois enfilé, Nord déboussole. Il désarçonne, même, dans le découpage de son intrigue, qui n'est autre que la quête initiatique de Jomar pour à la fois retrouver son fils, mais aussi retrouver son chemin dans un quotidien morose et terni par les actions répétitives et le confinement à un espace restreint.
Ainsi, contre toute attente, le gros ours ne reste pas tapi et prend la route, sort expressément de sa caverne pour immédiatement être aveuglé par l'aventure et l'annonce d'une nouvelle vie droit devant ses yeux. Aveuglé tel un nouveau-né, qui s'éveille au monde, le personnage campé par un acteur tout trouvé renaît.
Mais cela ne s'arrête bien évidemment pas là, tant le film regorge de références subreptices à l'ethnologie (les rites Indiens) à la culture cinématographique, ou tout bonnement à la Culture ; Nord n'est pas avare en comique de situation, puisque tout est matière à codes et significations cachées. Errant d'un (point de) repère à un autre, il laisse toujours derrière lui l'empreinte de sa maladresse et de sa mauvaise étoile, mais surtout d'un phénix qui semble continuellement renaître des cendres semées depuis un bon bout de temps sur son chemin. De ce fait, il est empreint d'une poésie pas niaise, fait assez rare, qui amplifie la beauté des décors enneigés.
Et pour en remettre une couche (de poudreuse), le thème musical Country intégralement instrumental à la Deadwood (HBO), parcourt tout le film en compagnie de l'alcoolo notoire et met en exergue une personnalité de cow-boy solitaire, ce qui renforce par la même l'impression que rien n'a été laissé au hasard, et donc que le travail de réalisation a été finement accompli.
On assiste à un road-movie qui prend son temps. Et pourtant, les situations se succèdent de manière syncopée. Comme s'il fallait démontrer l'alcoolisme de Jomar, le film titube d'une rencontre improbable à une autre. Paradoxalement, la petite heure talonnée par vingt autre petites minutes passe comme un quart d'heure indiscutablement léché mais pas racoleur. N'est-ce pas l'apanage des bons films ? Sans originalité, je répondrai que oui.
lundi 18 avril 2011
Quand la ville dort...
Après s'être jeté sur le papy en conservant l'eau du bain, un traître mot m'est vite venu à l'esprit. Ni une ni deux, je me disais que Quand la ville dort, The Asphalt Jungle pour son titre ridicule/original/français n'est pas aussi classe en termes de mise en scène que La nuit du chasseur, et pas aussi scénaristiquement fameux que Citizen Kane.
Et pourquoi alors ? Parce que la trame est tournée en priorité vers la psychologie des personnages et en second plan vers la satire sociale. En d'autres termes, l'objet du film se résume en un quart de seconde, prend son temps pour creuser quasi au jour le jour le parcours intérieur comme extérieur de chaque personnage hérité en « types » clairement discernables les uns des autres.
Et puis en vrai chieur, j'ai envie d'arguer que le film pose certains problèmes de réalisme, même dans sa scène principale, qui n'est autre que l'aboutissement de la quête des personnages. La scène du casse, plus précisément, et ce n'est pas la seule, pose un petit soucis quand le fameux « oeil » de rayons laser doit être contourné en rasant le sol cul et chemises à terre pour ne pas se faire griller.
Et pour palper à nouveau du réalisme de perlimpinpin, on peut aller voir du côté de l'interprétation, qui se la joue comme on peut s'y attendre dans une vaine plutôt théâtrale. La vieille école (américaine), dira-t-on, que je préfère toujours à la française, pour son sens de la « force tranquille » emphatique sans être pompière.
Après tout, le problème n'est pas l'évidente qualité cinématographique de ce que l'on a sous les yeux, mais sa pertinence aujourd'hui, alors que bon nombre de films « simulateurs de crime » sont passés et repassés par là, en ouvrant et élargissant toujours un peu plus le sujet, au lieu de se limiter au simple casse, de l'idée couvée jusqu'à l'exécution dans l'œuf.
Et pour le meilleur, parce qu'on maintient quand même le contrat de mariage, on retiendra l'art de soigner les plans fixes, de rendre l'image sombre mais pas trop, en soignant tout autant les contrastes dans cette jungle urbaine de pourris. Certains plans tamisés, en extérieur ou en intérieur, n'ont strictement rien à envier à certains films d'aujourd'hui conçus pour être contemplatifs.
Si je dois être totalement honnête, j'admets vite que ce n'est pas du Hitchcock, mais est-ce vraiment utile de faire la comparaison ? Non. C'est même plutôt con... Mais ça me traversait l'esprit, alors... En moi-même, je me dis que c'est bien dommage que je m'enthousiasme de la présence à l'écran de Marilyn Monroe, alors qu'en toute franchise elle s'avère être la pire d'entre tous. En matière de physionomie féminine ou cinématographique, la puissance du châssis évince tout, que voulez-vous...
jeudi 7 avril 2011
Winter's Bone : Vive les os d'hiver.
Winter's Bone est ce qu'on peut appeler un film à ambiance. Un film « semi-contemplatif » même. Qu'à moitié, car à vrai dire il n'a rien de la « beauté » culturelle qu'on vante tant parmi l'intelligentsia. Dans cette apparente laideur, l'une des plus grandes beauté réside dans une interprétation qui ne fait en aucun cas chavirer la barque à flot dans laquelle est bien malgré lui collé le spectateur.
A y voir de plus près, il est même l'unique film d'horreur à prendre vraiment du crédit au fil de l'aventure. Dans le genre, on peut penser, de loin, à un Calvaire français pas forcément super assumé qui pouvait faire se dresser les zygomatiques. En trompe-l'oeil, la satire sociale de Gummo nous fait de l'oeil en trainant à l'affront de nos chastes yeux ces proto-zombies. Et en parlant de zombies, on pense justement aux films Rob Zombie à la vue de ces « rednecks » enfournés dans ce cadre sauvage planté au milieu de nulle part.
Et le scénario alors ? Eh bien... Il tient pour ainsi dire à rien du tout. Dans le sillon germain de Fighter, l'intrigue est ficelée avec des gants de boxe. Il faut donc croire que la « petite histoire » n'est pas le point fort du film, et que pour aller plus loin encore, elle est somme toute méprisée par la réalisatrice. Au lieu de ça, elle préfère refaire le portrait d'une Amérique profonde moins bovine que dans Délivrance, mais tout aussi barjot et inquiétante. Ainsi, en s'inscrivant dans la suite affinée du succès critique de la réalisation de Boorman, Winter's Bone s'avère, en toute subjectivité mal de foi, pas franchement mémorable.
Au rang des acteurs, on retrouve une collection de seconds rôles croisés dans des séries ou dans d'autres films absents du top des charts. A la proue, l'actrice principale a au moins le mérite d'apaiser de tout son charme, et amène pour le coup une autre touche bienvenue de beauté dans cet océan grisâtre à s'en débecter. Qui a dit La Route ? On n'en est en effet pas trop loin tant la laideur superficielle sus-citée constitue leur lien de parenté. Dans cette demi-teinte pas vomitive, l'audience est globalement séduite donc, persuadée, même, mais pas convaincue.
Bon mais pas mirobolant, Winter's Bone a le mérite de faire réfléchir les psychologues et autres sociologues de tout poil en exposant le cas social d'un patient isolé et frustré. Une souris de labo ? Ni plus ni moins. Ree , c'est le prénom de l'héroïne, est le sujet d'une expérience qui tourne mal et qui pourtant laisse planer l'ombre d'un doute dans un No Man's Land où tout n'est qu'affaire d'impunité. Une allégorie de la conquête de l'Amérique ? Une représentation de ses fondations ? Une image d'épinale de la politique dominatrice qu'elle mène encore à l'heure actuelle ? Des questions, le film en pose, en laisse de côté, et en repose ; parce que sa force est avant tout de susciter l'incompréhension.
Pour sa défense, on peut arguer que je ne l'ai pas vu trois fois, et que je n'ai donc sûrement pas capté tous les axiomes qui font de ce film qu'il est ultime. Mais en engageant toute ma volonté et ma bonne foi, je sûr et certain que la bobine gagne en corps et en âme au fil des visionnement. En définitive, comme l'argumentaire crevé servi ci-présent est à revoir, Winter's Bone est assurément à voir...
samedi 2 avril 2011
Incendies : L'un sang l'autre.
« Les jumeaux » : tada ! C'est comme ça que commence le film qui fait l'objet du quiproquo. De mon quiproquo de courte durée, étant donné l'accent québécois vite de la partie. Globalement, il faut d'ailleurs bien avouer qu'il est plutôt insupportable dans la bouche du fils, messire Simon Marwan. Cela entache passablement la narration et entame même carrément sa compréhension à l'occasion de quelques rares lignes du script tout simplement inintelligibles. C'est dommageable, certes, mais ça n'estompe pas mon enthousiasme à l'égard d'un film que je n'attendais pas aussi bon.
En point d'orgue, le rythme est plus que bien foutu : les séquences d'action et de parlotte se succèdent sans faire d'anicroche. Le montage à base de prolepses et d'analepses est plutôt atypique mais fait montre d'un étalage thématique, pas rébarbatif pour un sou, entre des personnages et des lieux désignés par les mêmes lettres rouges sang impromptues qui barraient l'écran au tout début. Plus qu'un gadget pour cinéphile, cette répartition est clairement ce qui éloigne la propension à bayer aux corneilles devant un thriller dramatique tout ce qu'il y a de plus prévisible.
Car ce que je viens de décrire est tout ce que n'est pas Incendies. Le summum de la classe est même carrément atteint à la toute fin du film, quand ce qu'on attendait comme une annonce des hostilités siège enfin sur son trône en me barrant le visage d'une expression béate. Alors, monsieur, dois-je comprendre que le film serait monté à l'envers ? Oui et non. Oui car tout le récit des péripéties de la mère défunte est enchâssé dans une scène se déroulant « ici et maintenant ». Non, car Incendies fait preuve d'une cohérence et d'une astuce sans nom en retombant sur ses pattes (et pas de derrière, siouplait !).
Dans les sujets qu'il aborde, le film de Villeneuve est de prime abord cosmopolite mais aussi particulièrement vicieux. Cette perversité, on la trouve tout d'abord dans le travail réalisé sur l'image. A la fois belle et sale, elle est le reflet d'un pays déchiré en deux nations entre la Palestine et Israël. En partant de là, la qualité d'image se fait incendière, et « sublime » les atrocités commises et montrées sans pudeur pour subjuguer de réalisme. Après les grands mots, on peut principalement retenir que ce film a des qualités de mise en scène peu communes dans le genre, que son scénario fait preuve d'originalité, mais que malgré tout il n'est pas exempt de quelques longueurs qui font pas mal tirer sur la vue pour parvenir à rester éveillé... Conclusion : tout, tout, tout ; en tout et pour tout, je ne me répéterai jamais assez : Incendies m'a ravi.
jeudi 31 mars 2011
Fighter : Fight Hour
Boxant d'apparence dans la même catégorie que le très bon The Wrestler, Fighter joue pourtant dans une catégorie bien plus joviale. Du drame, bien sûr, il y en a, mais ce n'est jamais larmoyant comme dans le film avec Rourke. Il est plutôt là, latent, transformé en second degré de tout instant. La misère, les errances et les déceptions sont occultés par la volonté de ne pas totalement s'apitoyer sur son sort pour plutôt asséner un bon coup de tatane dans la fourmilière.
Comme prévu (ouï dire, interviews, récompense...), Christian Bale est impressionnant de justesse toute exubérante, jusque dans ses mimiques buccales. Une fois encore, sa transformation corporelle n'est pas accessoire, et l'acteur laisse sa doublure capitonnée au vestiaire pour pleinement s'insérer dans son costume bien serré. Sa bonhommie qui transpire l'humanité donne immanquablement l'envie d'adhérer à sa cause, même s'il arrive qu'au-delà du gai luron qu'il incarne, on voit de nouveau l'acteur possédé du Machinist. En tout état de cause, Mark Wahlberg passe à côté, et à tort, pour un acteur fade, car il est indéniable que son rôle lui impose la réserve. Du coup, on peut dire sans se tromper que ce rôle est tout taillé pour lui, à des bornes et des bornes du semi-craquage nommé Max Payne.
D'un point de vue purement esthétique, l'alternance entre les moments de gloire ou de honte affichés sur le ring détachent la réalisation habituelle de son giron pour la faire entrer dans celui de la représentation « brute » télévisuelle. Ce mélange doux-amer est bienvenu pour remotiver l'intérêt et faire vibrer l'audience devant des combats des plus réalistes. De cette manière, le confirmé en prend pour son grade et le profane ascendant amateur s'invite au fond des gradins pour tâter l'odeur du sang et de la sueur.
Et pourtant... Après la séance, on se demande quand même si la vie d'une star locale qui a viré sa cuti pour la drogue justifiait la réalisation d'un film. Dans la forme, ce dernier se focalise principalement sur les pitreries de Dicky, quand Micky se cantonne à imiter Rocky pour remporter le titre de champion du monde. Versant dans la comédie dramatique, Fighter est donc comme qui dirait un peu le cul entre deux chaises. D'un côté, le périple d'un jeune boxeur en mal de victoires fait accomplir au film son petit bonhomme de chemin de manière assez classique alors que de l'autre les frasques d'un junkie tapent sévère dans le mille pour susciter le rire. Globalement, qu'on aime ou pas, les deux s'entrechoquent donc pour créer une tablette 2 en 1, qui lave plus blanc que blanc ; parce qu'après tout, n'en déplaisent à la communauté asiatique du film, « ils font toujours ça entre eux », comme dirait l'autre...
mercredi 30 mars 2011
World Invasion : Battle Los Angeles
C'est badass, ça transpire la testostérone et la camaraderie. C'est formaté au possible, jusque dans la BO : entre Dark Knight pour les sursauts de tension et Il faut sauver le soldat Ryan pour les moments de bravoure arrangés aux voies blanches toute dégueulasses de puritanisme avarié de chants de grands enfants de choeur. En plus de ça, les moyens pour faire des effets spéciaux époustouflants ne sont pas vraiment au rendez-vous. Des séries comme Stargate ou Battlestar Galactica font facilement mieux le temps d'un épisode de fin de saison.
Ce qui pète vraiment à la gueule, ce ne sont pas les effets spéciaux, non, c'est le fait que le film n'a aucune personnalité. C'est bien simple : jusqu'à voir pour la première fois un extraterrestre de près, on se dit qu'ils ne ressemblent à rien, toujours filmés de loin, endimanchés d'on ne sait quelle manière : C'est des robots ? Ils sont à poil ? C'est quoi ? Une coquille ? Une armure ? Designés comme des poulpes rachitiques, lointains cousins de ceux d'Independence Day, ils ont une gestuelle de l'autre siècle et un charisme proche du néant.
Avec tout ça, ce n'est pas étonnant que le scénario paraisse autant siphonné et téléphoné... ou presque. Le dénouement, qui résout le problème planétaire, constitue l'unique once d'originalité par la sublimation de l'art métonymique qu'il nous offre, à nous, spectateurs privilégiés. Malheureusement, il faut bien avouer qu'une seule surprise pour deux heures de film... C'est bien maigre. Les quelques occurrences d'originalité n'en sont en fait pas. Choisir une femme forte pour un semblant de parité homme/femme ou plutôt d'égalité des sexes est plutôt couillon voire carrément crétin. Ce gisement à pépites n'est pas exploité, ou alors seulement le temps d'une blague de bienvenue, parce qu'après ça vire vite au sexisme, et le comportement de WonderWoman est ni plus ni moins qu'un énorme copier-coller mal démoulé de l'American Soldier « chef oui chef ! ».
Pas de cuisine au top, non, rien que des gamelles pour un vétéran de la guerre en Irak qui en a marre de jouer le commis de la guerre et de ses atrocités, mais qui pour le bien de l'humanité rempile à la plonge et du coup se tape les quolibets des troufions sous son commandement. Et c'est en cela que réside le seul ressort dramatique, plié et pressé maintes et maintes fois. Entendre dire à répétition que la guerre traîne son lot de dommages collatéraux (comprenez macchabées) à cause de hauts gradés qui dans l'urgence sont amenés à faire des choix fatals, à force, c'est lourd.
Vous l'aurez compris à la lecture de son titre inepte à rallonge et de ce pavé mimétique, WI(oui):BLA(blabla), c'est gavant.
lundi 28 mars 2011
Route Irish : La vacuité, c'est tendance.

La bande-annonce laissait entrevoir un Thriller à la fois musclé et porteur d'un véritable message. A la sortie de la séance, on se rend à l'évidence : tous les moments de tension y sont compilés comme pour tout bon film mange-merde. Mais alors, si l'on n'a pas le droit à la chique et au mollard, on pourrait s'attendre à ce que Ken Loach fasse preuve d'esprit d'initiative en nous dégotant un bon scénar'. Que nenni. Au lieu de ça, il empile les leçons de morale et les peintures d'instincts « bad guy » en alternance. Pis, Loach nous prend tellement pour des neuneus qu'il se croit obligé d'expliciter dans les dialogues ce qui n'a pas besoin de l'être.
Et comme si ça ne suffisait pas, le film est monté avec les pieds : certaines scènes de dialogues « ping-pong », autrement appelées « Frankie-Nelson », paraissent incroyablement longues tandis que d'autres sont « zapées » en moins de deux, alors que notre attention est portée sur un détail d’une image. Les scènes donnent l'impression de mal s'enchaîner, de faire preuve d'une sécheresse et d'un manque d'habillage indignes d'une « grosse » production.
En parallèle, la musique est très peu utilisée, et l'est à mauvais compte lorsqu'elle est utilisée pour prétendre souligner quelque-chose avec peine. Aussi, les rares tentatives de faire de l'humour tombent lamentablement à plat. Le film ne fait en aucun cas rire, il déçoit. Globalement, son ton est résolument grave, ce qui rend d'autant plus navrant les fautes de goût délivrées pour mener la fronde contre les véritables méchants dans l'affaire : les plus hauts fonctionnaires de l'Etat Irlandais et autres responsables militaires.
Pour sûr, RI manque de manière flagrante de rythme. La quête du responsable du meurtre de son meilleur ami, qui l'est aussi pour toute une famille Irakienne, est lente et fastidieuse. Certaines scènes ne sont d'ailleurs d'aucune utilité pour faire avancer le schmilblick et nous sortir de ce merdier. Que ce soit dans le bourbier Irakien ou dans le bordel Irlandais, on s'ennuie ferme. Heureusement que le ridicule ne tue pas, car le twist final est à l'image de tout le film. Complétement absurde, il tombe comme un cheveu sur la soupe sans faire de vagues.
dimanche 27 mars 2011
Persepolis : Court d'Histoire, long de clichés.
Je partais avec un a priori négatif. Après quelques minutes, j'ai révisé mon jugement pour apprécier l'univers pas si niais et rondouillard que j'imaginais. Puis je me suis ravisé. Tout au contraire, mes préjugés sont loin de tous s'être avérés faux : sous le cours d'Histoire politique Iranienne du siècle passé, Persepolis est bel et bien un film à divertissement simple et réducteur. Quand certaines scènes pourraient couper le fromage au carré, le film prend la tangente en coupant à travers champ. Dommage, car Persepolis perd de sa crédibilité lorsqu'il appelle dès le début à combattre les extrémismes de toute sorte. Etrange manière d'appeler les gens à la Raison quand il choisit le biais du manichéisme et de la caricature... A l'image de ce noir et blanc quasi-omniprésent. Je veux bien admettre qu'il s'agit d'un style, et qu'en ce sens le film est entièrement cohérent avec l'oeuvre d'origine, mais aussi le postulat qu'il développe.
Mais à vouloir tracer de trop grosses pistes pour nous les faire avaler en eaux de boudin, il perd de sa superbe et de son intérêt à mesure que l'intrigue d'une vie racontée de l'enfance au début de l'âge adulte défile. La petite histoire d'amours contrariées prend alors le pas sur la grande Histoire, qui cède sa place à des considérations et vérités générales pessimistes du style « sois intègre à toi-même » ou « en Europe tu peux crever dans la rue, tout le monde s'en fout ». A force de faire le malin qui se démarque, le film tombe dans le commun et l'aseptisé. Une flopée d'éjaculations précoces pour chier une nouvelle fois sur les barbus ? Je pense. D'accord, le film est pas mal axé sur l'humour, qu'on y adhère ou pas. OK, il a ce cynisme et cet humour noir que pourtant j'affectionne tant... Mais rien n'y fait, ça ne cache pas ses vilains défauts comme cette verrue de sagesse sur le pif de Marjane.
Persep' est agréable pour la leçon d'histoire servie pour pas cher en terme de temps, mais c'est à se demander quelle est la réelle valeur ajoutée par rapport à un « Il était une fois l'histoire » matable un matin de lève-tôt sur Gulli. Là j'aurais au moins de quoi m'instruire sans avoir à me taper des histoires d'amours à 2 francs 50 fades et simplettes, fussent-elles malheureuses. D'ailleurs, quitte à avoir l'expérience d'un film profond et assez lent pour développer une atmosphère et une psychologie, autant se rabattre sur l'autre animé nommé Valse avec Bachir, qui lui au moins présentait un intérêt cinématographique tout en étant didactique. Aujourd'hui le vrai problème, c'est que la pognophobie est bien là, vivante, et ça tout le monde s'en fout.
jeudi 24 mars 2011
Les cerfs-volants de Kaboul : Manhattan>Kaboul
Coupé en deux plutôt brutalement, Les Cerfs-Volants de Kaboul se partage entre l'enfance et l'âge adulte du fils d'un notable Afghan contraint de quitter sa patrie au moment de l'invasion des Soviétiques. A la manière d'un Slumdog Millionnaire, le film donne d'abord à voir deux gosses entichés l'un de l'autre. Pourtant séparés par leurs conditions respectives de maître et serviteur, ils abolissent les frontières au nom d'une amitié qu'on croit sans bornes.
Et c'est précisément là que ça devient intéressant, et non plus lénifiant comme mon introduction mielleuse pouvait le laisser entendre. L'idylle vire vite à la crasse, quand le lâche « fils de » lâche vite son domestique par peur d'y laisser sa peau ; ou au moins d'y gagner quelques gnons et ecchymoses. La chute de la famille s'accélère alors, passant de l'allégresse d'une vie ensoleillée et presqu'oisive à l'âpre contemplation de la débandade de toute une nation. Les cerfs-volants ne voleront dès lors jamais plus, des bolchéviques aux vilains Talibans barbus.
Le contexte politique qui enrobe une grande amitié ou une petite histoire d'amour platonique entre les deux gamins sert de prétexte à la quête finalement assez banale et courue, dans sa forme la plus pure, d'une tierce personne et par la même d'une identité. Heureusement, les images filmées depuis le ciel sont époustouflantes d'authenticité. Et puis, ce n'est pas que le film facilite mon penchant à jouer le blasé, mais j'ai le sentiment qu'il manque d'une part sa vocation documentaire et que d'autre part il pêche par excès de zèle, en ayant un pied dans le manichéisme et l'autre dans l'éveil de conscience des spectateurs.
Pas épargné par la cuculerie ou les niaiseries en tout genre, il s'avère que le résultat est pas si mal pour un film dont on n'attend pas grand-chose, si ce n'est qu'il respecte le roman original (que je n'ai de toute manière pas lu). Après coup et réflexion, il est même indéniable qu'on passe un bon moment, et que le film passe plutôt vite grâce au voyage pour trois fois une bouchée de pain qu'il permet.
mercredi 23 mars 2011
True Grit : Les « guts » au trou ?
La patte Coen grasse et lourde empreintée sur le terrain désertique et déserté du grand Ouest. La prestation de Jeff Bridges, rembauché après Big Lebowski, vaut son pesant de cacahuètes et sert grandement le comique bouffon si caractéristique des comédies Coeniennes. Car là encore, on s'y retrouve. Arpentant des terrains connus, on est jouasse de retrouver un ami pas vu depuis un demi- bail.
Pourtant, l'amitié a un peu perdu de sa superbe avec le temps. Par exemple, la dernière visite n’est pas aussi trépidante que l’était en son temps No Country For Old Man. S’il n’y a pas de véritable surprise, l’étonnement tient paradoxalement en ce qui caractérise le film et qui pourtant lui manque cruellement. Je m'explique : d'accord, les incartades loufoques plantées dans un univers battu et rabattu prennent le spectateur de court, mais ces dernières n’estomaquent jamais vraiment par leur originalité.
Et quand on ne pense pas à une influence cinématographique de la paire, on pense directement à un de leurs anciens films. Un seul exemple des plus parlants : la scène d'exécution dans le refuge par Rooster (le premier rôle) fait directement écho à la scène de la penderie où Clooney assassine Pitt dans Burn After Reading. En parlant d’influence, on détecte aussi une grosse pincée de Monty Python estampillée Sacré Graal, lorsqu'apparaît inopinément l’apothicaire ambulant à la tête d'ours, juste un peu plus louche que le reste ; tant on le soupçonne d'être nécrophile.
Au final, si on passe un excellent moment de pitrerie mi-sordide mi-potache, on n'en garde pas un souvenir ému pour autant. En voulant revisiter le Western en se targuant non pas d’un remake mais d’une « re-creation », les Coen choisissent la facilité en transvasant leur art typique de la comédie avec une certaine paresse qui n'empêche toutefois pas le résultat de faire mouche. Au moins, on peut s'enorgueillir que les deux heures passent suffisamment vite pour que l’on ne sourcille pas d'un poil dru.