Affichage des articles dont le libellé est Japon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Japon. Afficher tous les articles

vendredi 26 août 2011

Tokyo! : A boire et à manger


Tokyo! se propose de donner un aperçu de la capitale Nippone sous 3 angles différents.

Le premier court est réalisé par Gondry. C'est une nouvelle, car après une première partie générique au possible, le film s'ouvre à la fantaisie et à la patte onirique du réalisateur sans qu'on s'y attende. De telle sorte que ça tourne vite à l' histoire abracadabrantesque, dont l'objet principal est digne d'une pub pour Ikéa. On s'ennuie ferme dans un premier temps, mais c'est pour mieux se distraire du fantastique des situations dans lesquelles se trouve la jeune femme accompagnant son petit ami. Quand la magie opère, on ressent surtout l'influence du rêve éveillé nommé Eternal Sunshine Of The Spotless Mind. et filmé à travers le prisme « parisien » de La Science des Rêves.
Après l'avoir vu, si on ne retient globalement pas grand-chose de ce court, ce n'est pas vraiment parce qu'il est d'un commun profond et aseptisé (bien que ça puisse sembler être le cas au premier coup d'oeil), mais plutôt parce qu'il ne dépareille pas de la filmographie d'un réalisateur dont le style est déjà bien établi et repérable.

Sans transition, Merde de Carax fait son entrée comme une énorme injure aux spectateurs, et s'impose comme la meilleure qui ait jamais été faite, à ma connaissance, au cinéma. Le cinéaste se donne à cœur joie de pondre avec plaisir le plus gros caca possible dans le plat de l'Art, chiant sur le bon goût, la morale et l'hygiénisme. Il en résulte un court facile à appréhender, visuellement loin d'être inintéressant, largement catharsique, et donc forcément drôle.
Ne respectant ni la bienséance ni le bon sens, la merde courte sur pattes slalome entre les déjections encravatées sans y poser le pied gauche, tout ça pour faire fi des codes cinématographiques dictés par les grandes soeurs désodorisées. Avec moins de discours imagé, c'est un joyeux canevas en foutoir d'une plèbe affolée par une paire de trolls terroristes à l'œil torve, munis d'une robe ou d'un costume de Joker, mais tous deux au service du (règne ani)mal. Ils sont la transposition au reflet grossissant d'une République française aux valeurs égarées, et où deux frères de sang peuvent manipuler la loi et l'ordre avec l'aisance d'un schtroumpf au bonnet phrygien se délestant d'une barre chocolatée dans un bol de lait. Une sacrée merde ? Une merde sacrée, j'préfère.

Le dernier court, de Bong Joon Ho, rappelle à l'ordre et coupe vite l'envie de rire. Maintenant, on redevient sérieux. On sort son recueil de poèmes et on écoute attentivement le professeur en suivant la cadence métronomique des vers. En bon asiatique sérieux à qui on a commandé un film en guise de devoir de vacances, Joon-Ho obtempère en filmant sa vi(ll)e de tous les jours, en y mettant les formes pour que sa maman ne soit pas révoltée par ce qu'il produit comme monstruosités quand elle a le dos tourné, mais plutôt pour qu'elle soit admirative de ce que son petit chérubin a accompli sur la route du succès. En bon élève et en bon fils aimant et aimé, Bong injecte un peu de sa personnalité introvertie et farouche pour transcender sa vision douce et poétique d'un Otaku vivant reclus dans un appartement de la ville, envahi par les livres de toutes sortes, les rouleaux de papier toilette (oh!) et les boîtes de pizza.
Beaucoup plus lent, circulaire et forcément plus homogène que le tâcheron du chiffonnier qui occupait précédemment son siège, le travail est propre, sans bavures, sans ratures, avec l'attention charmante, car fortement espérée, de toucher les foules en faisant naître un amour unique et idyllique au cœur de l'impossible. Maman a trouvé le sujet original, bien montré et émouvant. Pour cela, elle adore un peu son fils prodige. Tout est bien qui finit bien pour notre réalisateur.

Globalement, Tokyo! gagne en diversité et en originalité (surtout grâce au concours du deuxième court, vous l'aurez compris) ce qu'il perd en développement scénaristique à cause de son format étriqué. De ce Tokyo fantasmé, on en retient le caractère impalpable, résultante d'une réalité déformée par la perception de chaque réalisateur. Une bonne initiative, un assez bon essai.
6.5/10

mercredi 23 février 2011

Samurai Champloo : Douche froide.


D'emblée, Samurai Champloo se laisse regarder en se disant qu'on voit un énième manga détroussé de son scénario, foutu aux oubliettes avec son cousin l'originalité. L'absence d'intrigue est ce qui porte le plus préjudice à la série. Les événements s'enchainent sans réelle logique si ce n'est de progresser dans une quête initiée à trois pour on ne sait quel motif dispensable. Cette aberration donne le redoutable sentiment de s'enfiler les épisodes pour rien, si ce n'est pour le rictus japonisant et la vague sensation de dépaysement apporté par quelques teintes de couleurs aguicheuses malheureusement trop peu nombreuses.

Puis on sent comme une brise de fraîcheur qui souffle sur cette série animée habitée par le démon. Et au fil des épisodes, on détecte une mise en scène parfois plus audacieuse, de l'habillage sonore aux transitions scéniques abruptes ou passant du coq à l'âne. Toutefois question originalité du design, on peut également repasser... Seuls quelques épisodes notables (l'épisode 9 notamment) apportent la contribution de graphistes davantage rompus à l'amour du style atypique.

En aparte, SC peut aussi réaliser des prouesses. Il peut ainsi appeler à la réflexion en posant des questions sociales graves sans jamais y paraître. Qu'elles le soient sous le couvert de la comédie ou du drame, elles servent de gouvernail de secours à une série qui sans cela tomberait bien vite dans l'oubli.

Avant tout louable pour sa caricature des codes de l'animation japonaise et pour la collusion (ou la collision ?) des cultures asiatiques et occidentales, Samurai Champloo doit aussi s'apprécier pour ce qu'elle est : une série comique à l'humour potache et au déroulement foutraque.

mardi 21 décembre 2010

Des NEET (pas) très Net(s).

A l'approche des "fêtes de fin d'année", une bonne leçon d'anti-consumérisme ne fait pas de mal. Inculquée par des marginaux japonais cyberconnectés, elle est le contre-pied d'une politique du "travailler plus pour travailler plus" expansionniste.

Et un Wakamatsu en verve, en prime !



mardi 7 décembre 2010

Envy - All The Footprints You've Ever Left And The Fear Expecting Ahead


Envy et son meilleur album : All The Footprints You've Ever Left And The Fear Expected Ahead... Toute une histoire... Celle de la combinaison parfaite pour s'ankyloser des heures durant à l'écoute d'une oeuvre d'une émotivité comme il est rare, procurant des émotions indescriptibles, et ce uniquement par... procuration. Le Screamo resplendit souvent de ses lettres de noblesse avec cette formule gagnante, car il est toujours inimaginable d'entendre meilleure définition de sentiments refoulés qui se débattent pour sauver la face de notre part idéaliste – et naïve - la plus enfouie. Ecouter All The Footprints... c'est un peu comme hurler après le soleil, lui reprocher très injustement de nous réchauffer et de nous cramer en même temps ; c'est un peu comme partir en virée un week-end de pluie pour exprimer notre joie au grand air ; c'est un peu comme vouloir se lover dans l'herbe alors que tout ce qui nous entoure n'est qu'un parterre bitumé ; c'est un peu comme vouloir embrasser sa propre vie alors qu'elle ne pourra que nous suivre comme une ombre. Une foultitude de sentiments antagonistes et innocents qui forcent la scission en deux de notre tempérament mais remuent tellement les tripes... Besoin de rien, envie d'Envy.