dimanche 25 septembre 2011
Tomboy : Approuvé par l'éducation nationale
mardi 6 septembre 2011
Douches froides : Pas mieux
vendredi 22 juillet 2011
L'autre monde : Je rêvais d'un autre... justement.
mardi 14 juin 2011
Les valseuses : "On n'est pas bien là ?"
dimanche 8 mai 2011
Le corbeau : Le corps, mais surtout l'Esprit
jeudi 5 mai 2011
Coup de tête : "Coup de boule coup de boule".
Ca pue le ringardos à 100 m quand on agite la jaquette au vent... Et pourtant ça a conservé de beaux restes, et ça n'a rien à jalouser aux ch'tis timorés et navrants de puérilité comique. Pas que ça brille d'intelligence, certaines scènes sont d'ailleurs d'un humour franchement con, mais l'humour est toujours assez noir et cynique pour rester accroché à la caravane sans y voir un énième succédané des Bronzés 1,2,3 (+ 10.000 rediffusions à la téloche). En d'autres termes, l'humour est bien souvent assez subversif pour que le rire reste franc et de bon coeur.
Dans l'écurie des otaries singeant devant la caméra, tout est outrageusement, mais ouvertement, basé sur la performance de Dewaere : de A à Z il mène la danse et élude tout personnage secondaire pour ne retenir que ses frasques, sa chute libre, son for intérieur (symbolisé par la voix-off), et sa forte personnalité. Il est quasiment le seul à sonner plutôt juste. Ses regards en disent longs, ses de faciès font mouche. En ayant eu un petit cours d'histoire Dewaerienne 5 minutes avant la projection, il est facile de se dire que ce rôle n'a pas été écrit pour un personnage mais pour un acteur. Qui a dit Poelvoorde dans Astérix & Obélix aux JO ?
Mise en scène : que dalle, R.A.S. Voilà, c'est tout. Ah si ! Quelques gags ne seraient rien sans ce fameux (ou fumeux ?) arrangement de la caméra du cinéaste (cf. la scène du début
Le thème musical principal labellisé « années 80 » est caractéristique des comédies guignoles retraçant le parcours d'un pov'type à qui il arrive plein d'événements malencontreux. A la longue, l'air reste en tête et finit par nous les pomper... Jusqu'à avoir l'espoir de voir un film mémorable dans les baskets. Quand aujourd'hui ça bat de l'aile, on en oublie que certaines comédies d'antan avaient de la cuisse.
mercredi 16 mars 2011
Le bruit des glaçons : Glaçons, l'addition !
Meilleure bizarrerie comique (et française !) depuis un bail. Régnant par l'absurde, Le bruit des glaçons est dans la droite lignée d'autres perles françaises que sont Buffet froid et Série noire. Côté marionnettes, le trublion Albert Duponthel remplit à la perfection son rôle de cancer pot de colle. Qui colle à la peau, aux baskets, comme un pou qui de ses bonds brasse beaucoup d'air pour détourner l'attention de l'heure fatidique : de l'écrivain alcoolo et de la fin du film, qui signe peut-être aussi notre arrêt de mort, à une date qui nous est pour l'instant inconnue.
Et parce qu'il faut aussi que la petite croisière arrête de nous amuser au long de ce fleuve tranquille, quelques détails font dégriser les zygomatiques. Au top de la liste des griefs : le jeu des acteurs, qui pour résumer n'est pas irréprochable. Jean Dujardin est en petite forme (c'est le cas de le dire ?), son fils dans le film a tendance à faire du mauvais pataquesse, et la bonne donne l'impression d'être pilotée par une actrice logée à la « vieille école » théâtrale par certaines de ses intonations. A la longue, le phrasé passe, et on n'y fait plus trop attention, mais encore une fois on ne peut s'empêcher de faire la comparaison avec la production outre-atlantique.
L'esprit irrévérencieux et canaille y fait cependant tellement que le tout est à s'en lécher les babines. L'ensemble chimique réagit grâce à un humour noir bien frappé qui fait remuer ces agités du citron autour du cancer, maladie numéro un dans le cœur (ou plutôt le cerveau ici) des français. Le long-métrage plutôt court épouse parfaitement le format standard de la comédie placé sous la barre des 1h30. Pendant ce temps, Blier s'amuse avec le spectateur, Blier partage, Blier contente, Blier régale. Blier épate. Il susurre à l'oreille du malade affalé dans son fauteuil que dans la vie comme dans le seau, la mort frappe autant qu'elle refroidit. Décidément, le titre est tout (bien tout honneur) trouvé.
lundi 14 mars 2011
Belle de jour : De jour comme de nuit.
Le film de 1967 est à peu de choses près un savant mélange du Salo de Pasolini et du Mépris de Godard. D'un côté, la perversité est là, latente, mais ne se fait jamais aussi grossière que dans les 120 journées de Sodome ; et de l'autre, le thème de l'adultère et de l'amour infidèle est traité avec esthétisme et raffinement. C'est bien cette dichotomie jouissive qui a fait accéder au statut de « classique » et fait aujourd'hui regretter que des films de cette trempe ne se fassent plus. Cette liberté d'esclandre et d'ostentation serait presque inconcevable dans le cinéma français d'aujourd'hui, exposé aux yeux de tous. En comparaison, ce dernier donne la fâcheuse impression d'avoir régressé dans le sens d'une morale puritaine et insipide importée des Etats-Unis.
L'interprétation par trop théâtrale et finalement « vieillote » peut dans un premier temps irriter, mais la mise en scène est suffisamment « fraîche » et inventive - à l'instar de Catherine Deneuve – pour contrebalancer. Les moments d'euphorie fantasmagoriques dignes d'un Pierrot le fou.
Classique, oui, mais jamais chiant. Cela peut avant tout s'expliquer par le fait qu'il ne s'agit pas tout à fait d'un film d'auteur. Le roman a dû être concassé en peu de temps pour n'en garder que l'essentiel. Ainsi, les plans s'enchaînent sans qu'il y ait nécessairement un lien de causalité suivi mais la diversité des situations et des environnements rend le visionnement agréable et court.
On trouve immanquablement des points communs avec le reste de sa filmographie, notamment Le journal d'une femme de chambre ou Un chien Andalou pour ne citer qu'eux. Cela n'est absolument pas étranger au fait que Belle de Jour confirme on ne peut mieux qu'il a le don de faire de la perversité et du vice des modèles de vertu cinématographique.
Pour faire court, alors que je m'attendais à perdre mon temps devant un énième film français galvaudé et surévalué, j'ai pris mon panard devant ce que j'estime être un grand film.
vendredi 11 mars 2011
Bas-Fonds : Bas-fonds à bas frais.
Bas-fonds se résume d'abord à l'appréhension de passer une (petite) heure interminable de calvaire. Entre les ordres et autres chamailleries incompréhensibles servis à gorge déployée, les bouffes rituelles de Ravioli, les crasses baffrées en priorité par « la grosse », et les séquences porno refilées sur un vieux cathodique, c'est le ronron aliénant du quotidien qui les accable et nous fait chier à cent sous de l'heure.
Et après ça, c'est la transformation, pour ne pas dire la révélation, à l'instar d'un Huysmans qui passe à peu de choses près de la tentation de la bouche d'un flingue aux pieds de la croix. Sans savoir pourquoi, un casse qui tourne mal conduit la peuplade à fréquenter un peu plus les tréfonds. Après la misère culturelle, intellectuelle et sociale, ils connaissent la précarité des cellules grisâtres et nauséabondes, la privation des libertés, et le repli total sur soi les abrutissant toujours plus. Et pourtant... C'est à ce même moment que le propos prend une toute autre ampleur. Après les jérémiades, les défenses de territoire et la lutte pour le leadership qui sont la démonstration d'une recréation de micro-société primitive, les paroles d'évangile et les professions de foi leur succèdent et peuplent l'écran. Sans trop savoir pourquoi, encore, on s'embarque alors dans l'histoire pour en connaître le traitre mot de la fin. Et là, le bât blesse, l'heure et quelques de film ne m'a finalement pas parue si longue, et comble de tout : je reste pour dire sur ma faim...
Si le dernier Isild Le Besco a les défauts les plus répandus d'un court-métrage amateur, il paye au moins par la présence de Gustave Kervern, qui est comme la cerise gâtée sur le gâteau avarié gavé d'une chantilly périmée. Plus un essai qu'un grand film, Bas-fonds a le mérite de proposer autre chose, à défaut de proposer du nouveau dans un cinéma dont les formules sentent de plus en plus le rance. On l'oubliera vite pour ses qualités cinématographiques quasiment nulles, mais on le retiendra pour son ambiance égoïste et désinvolte pas si répandue que cela dans les rayons de la « grosse » distribution.