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mardi 14 juin 2011

Les valseuses : "On n'est pas bien là ?"

Oui, Les valseuses c'est, au-delà d'un titre déjà fort, une pelletée de répliques cultes. Dès qu'on entend sorti de la bouche de Depardieu le fameux « pas de doute possible, nous sommes bien en France », pas de doute possible, on est bien face à de la bonne came. Dès le point de départ on est foutu la tête dans le guidon. Les gaudrioles s’enchaînent avec des pataquès telles qu'on en redemande, jusqu'à jusqu'à...
Une baisse de tension générée par une fermeture passagère à la fanfaronnerie, vite de retour pour terminer l'histoire en beauté capillaire déposée sur la soupe. Pendant ce temps, Blier creuse un autre registre, plus lourd, plus dramatique, plus cérébrale. C'est l'apathie et la léthargie du bourbier, de la planque à la campagne et des attentes vaines. Des personnages face à rien de plus que le vide d'une ville et d'une vie fantômes, érigés sur du vent. Poussières d'escampette, poudres explosives, elles divaguent jusqu'à un acmé où aucune leçon n'est tirée, où tout est laissé en plan, en suspens, pour ne rien lâcher au spectateur embarqué en otage dans leur cavale.
Chaotique, comme le jeu de quelques seconds couteaux, franchement approximatif, amateur (dans le mauvais sens du terme) et forcé. Et si ce n'était vrai que pour les clowns de second plan... mais c'est d'autant plus dommage pour un des acteurs principaux : Jacques Chailleux. Pour un film qui s'appuie quasi-exclusivement sur les frasques de paumés et donc sur l'interprétation, ça la fout mal...
En comparaison, il manque donc à mon sens son statut de film culte à côté d'un Série Noire qui réussissait à mettre en exergue la personnalité de Dewaere tout en lui grapillant du charisme pour s'en augmenter. Ce Blier rate donc le passage à la postérité, mais demeure indispensable si l'on souhaite s'enfiler la filmographie des meilleures comédies françaises.
8/10

mercredi 16 mars 2011

Le bruit des glaçons : Glaçons, l'addition !


Meilleure bizarrerie comique (et française !) depuis un bail. Régnant par l'absurde, Le bruit des glaçons est dans la droite lignée d'autres perles françaises que sont Buffet froid et Série noire. Côté marionnettes, le trublion Albert Duponthel remplit à la perfection son rôle de cancer pot de colle. Qui colle à la peau, aux baskets, comme un pou qui de ses bonds brasse beaucoup d'air pour détourner l'attention de l'heure fatidique : de l'écrivain alcoolo et de la fin du film, qui signe peut-être aussi notre arrêt de mort, à une date qui nous est pour l'instant inconnue.

Et parce qu'il faut aussi que la petite croisière arrête de nous amuser au long de ce fleuve tranquille, quelques détails font dégriser les zygomatiques. Au top de la liste des griefs : le jeu des acteurs, qui pour résumer n'est pas irréprochable. Jean Dujardin est en petite forme (c'est le cas de le dire ?), son fils dans le film a tendance à faire du mauvais pataquesse, et la bonne donne l'impression d'être pilotée par une actrice logée à la « vieille école » théâtrale par certaines de ses intonations. A la longue, le phrasé passe, et on n'y fait plus trop attention, mais encore une fois on ne peut s'empêcher de faire la comparaison avec la production outre-atlantique.

L'esprit irrévérencieux et canaille y fait cependant tellement que le tout est à s'en lécher les babines. L'ensemble chimique réagit grâce à un humour noir bien frappé qui fait remuer ces agités du citron autour du cancer, maladie numéro un dans le cœur (ou plutôt le cerveau ici) des français. Le long-métrage plutôt court épouse parfaitement le format standard de la comédie placé sous la barre des 1h30. Pendant ce temps, Blier s'amuse avec le spectateur, Blier partage, Blier contente, Blier régale. Blier épate. Il susurre à l'oreille du malade affalé dans son fauteuil que dans la vie comme dans le seau, la mort frappe autant qu'elle refroidit. Décidément, le titre est tout (bien tout honneur) trouvé.