Affichage des articles dont le libellé est Courts. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Courts. Afficher tous les articles

dimanche 20 novembre 2011

Le voyage dans la lune : Les étoiles ne devraient pas briller de mille feux


Ce n'est pas tant le court de Méliès que je juge, impressionnant de technique et de puissance imaginative pour l'époque, mais surtout sa restauration toute en couleur et drapée des arrangements musicaux de Air. Pour ce dernier, je ne vois globalement pas grand-chose à reprocher, si ce n'est quelques « phrases » qui gâchent le plaisir de la découverte en annonçant trop vite la couleur de la scène en cours. Je ne peux pas en dire autant de la couleur cracra, baveuse sûrement à raison, mais dont je ne comprends pas l'intérêt, séparant le premier plan du reste de l'image. Un objet coloré par-ci, une compagnie colorée par là... Arbitrairement, pour mettre en valeur ce qui paraît le plus important... Ca pourrait être une bonne idée, mais j'aurais largement préféré revoir la copie revue et corrigée sans les grosses marques rouges du correcteur.

Non content de retranscrire à l'écran les rêves les plus fous de l'homme, Méliès n'occulte pas la comédie et fait de cette conquête de l'espace une fourberie fantasque de boulevard en place d'un réquisitoire fastidieux contre les progrès de la Science.

16 minutes en étoile filante, drôles et belles, qui pêchent dans le cas présent à gagner en valeur ajoutée.

5/10

lundi 14 novembre 2011

L'attaque du monstre géant suceur de cerveaux de l'espace !!


Film d'extraterrestres, de zombies et de demoiselles de Rochefort qui s'accordent à la comédie musicale et à la synthèse du noir et blanc et de la couleur. A quoi ça rime ? A un divertissement débridé où les effets spéciaux kitsch au possible renseignent sur la propension à rendre hommage aux ancêtres, entre La guerre des mondes, The Thing première version et la nuit des morts-vivants. Chairs décomposées de liquide visqueux apparenté au liquide séminal, ce n'est pas l'asepsie mentale des zombi mais l'amour qui tient le plus beau rôle dans l'affaire, traversant de part en part un sujet très sérieux (oui oui une invasion c'est très sérieux normalement) pour l'assoupir dans la léthargie cucu la praline de tourtereaux qui se chantent la ritournelle pour conjurer le sort.

Faut-il préciser que le mot « comédie » dans l'expression « comédie musicale » prime avant tout ? En fait, le décalage atteint un seuil critique tel qu'il est parfois difficile de ne pas penser au Grand détournement – à plus forte raison quand on sait que c'était diffusé sur Arte ce soir même (cf. "Derrick contre Superman"). Si les situations ne sont pas foncièrement nouvelles (on peut le comprendre puisqu'il s'agit de parodier), la quête de l'originalité qui est mise en œuvre avec force donne envie de lui accorder une belle place parmi les courts qui sous couvert de ne pas se prendre au sérieux font la nique aux longs.  
6/10

vendredi 26 août 2011

Tokyo! : A boire et à manger


Tokyo! se propose de donner un aperçu de la capitale Nippone sous 3 angles différents.

Le premier court est réalisé par Gondry. C'est une nouvelle, car après une première partie générique au possible, le film s'ouvre à la fantaisie et à la patte onirique du réalisateur sans qu'on s'y attende. De telle sorte que ça tourne vite à l' histoire abracadabrantesque, dont l'objet principal est digne d'une pub pour Ikéa. On s'ennuie ferme dans un premier temps, mais c'est pour mieux se distraire du fantastique des situations dans lesquelles se trouve la jeune femme accompagnant son petit ami. Quand la magie opère, on ressent surtout l'influence du rêve éveillé nommé Eternal Sunshine Of The Spotless Mind. et filmé à travers le prisme « parisien » de La Science des Rêves.
Après l'avoir vu, si on ne retient globalement pas grand-chose de ce court, ce n'est pas vraiment parce qu'il est d'un commun profond et aseptisé (bien que ça puisse sembler être le cas au premier coup d'oeil), mais plutôt parce qu'il ne dépareille pas de la filmographie d'un réalisateur dont le style est déjà bien établi et repérable.

Sans transition, Merde de Carax fait son entrée comme une énorme injure aux spectateurs, et s'impose comme la meilleure qui ait jamais été faite, à ma connaissance, au cinéma. Le cinéaste se donne à cœur joie de pondre avec plaisir le plus gros caca possible dans le plat de l'Art, chiant sur le bon goût, la morale et l'hygiénisme. Il en résulte un court facile à appréhender, visuellement loin d'être inintéressant, largement catharsique, et donc forcément drôle.
Ne respectant ni la bienséance ni le bon sens, la merde courte sur pattes slalome entre les déjections encravatées sans y poser le pied gauche, tout ça pour faire fi des codes cinématographiques dictés par les grandes soeurs désodorisées. Avec moins de discours imagé, c'est un joyeux canevas en foutoir d'une plèbe affolée par une paire de trolls terroristes à l'œil torve, munis d'une robe ou d'un costume de Joker, mais tous deux au service du (règne ani)mal. Ils sont la transposition au reflet grossissant d'une République française aux valeurs égarées, et où deux frères de sang peuvent manipuler la loi et l'ordre avec l'aisance d'un schtroumpf au bonnet phrygien se délestant d'une barre chocolatée dans un bol de lait. Une sacrée merde ? Une merde sacrée, j'préfère.

Le dernier court, de Bong Joon Ho, rappelle à l'ordre et coupe vite l'envie de rire. Maintenant, on redevient sérieux. On sort son recueil de poèmes et on écoute attentivement le professeur en suivant la cadence métronomique des vers. En bon asiatique sérieux à qui on a commandé un film en guise de devoir de vacances, Joon-Ho obtempère en filmant sa vi(ll)e de tous les jours, en y mettant les formes pour que sa maman ne soit pas révoltée par ce qu'il produit comme monstruosités quand elle a le dos tourné, mais plutôt pour qu'elle soit admirative de ce que son petit chérubin a accompli sur la route du succès. En bon élève et en bon fils aimant et aimé, Bong injecte un peu de sa personnalité introvertie et farouche pour transcender sa vision douce et poétique d'un Otaku vivant reclus dans un appartement de la ville, envahi par les livres de toutes sortes, les rouleaux de papier toilette (oh!) et les boîtes de pizza.
Beaucoup plus lent, circulaire et forcément plus homogène que le tâcheron du chiffonnier qui occupait précédemment son siège, le travail est propre, sans bavures, sans ratures, avec l'attention charmante, car fortement espérée, de toucher les foules en faisant naître un amour unique et idyllique au cœur de l'impossible. Maman a trouvé le sujet original, bien montré et émouvant. Pour cela, elle adore un peu son fils prodige. Tout est bien qui finit bien pour notre réalisateur.

Globalement, Tokyo! gagne en diversité et en originalité (surtout grâce au concours du deuxième court, vous l'aurez compris) ce qu'il perd en développement scénaristique à cause de son format étriqué. De ce Tokyo fantasmé, on en retient le caractère impalpable, résultante d'une réalité déformée par la perception de chaque réalisateur. Une bonne initiative, un assez bon essai.
6.5/10

mercredi 29 décembre 2010

Intolérance : Létale errance...


Cette série de trois petits court-métrages de Phil Mulloy est assemblée dans un ordre chronologique synonyme de ravissement pour l'oeil écharpé. Télérama parle des Shadoks et de Topor pour définir ce qui se rapproche le plus de ce gloubi-boulga unique. Les trois courts exposent des êtres doués de parole sous un jour iconoclaste : les têtes de sexes et les têtes d'yeux et dents se répudient mutuellement après avoir effectué l'examen respectif de leurs us et coutumes. Et ça commence comme un Star Wars : des étoiles plein l'écran... puis la descente aux enfers. Le noir et le blanc se taillent la part du lion pour foutre le spectateur dans l'embarras de la moiteur d'un débarras exigüe et caverneux. On est donc plus proche de l'univers claustro de Blade Runner, couplé aux gueules émasculées de Pierre Tombal... Avant que les couleurs pétaradantes n'éclatent ce grand cirque pour en faire un asile.
On baigne totalement dans la SF (abracadabrantesque), celle de l'anticipation la plus pessimiste et grinçante de cynisme. Dans le prolongement, le deuxième court transpire le Western sans foi ni loi, et rappelle le mauvais esprit de l'inimitable Conker's Bad Fur Day, principalement en raison du doublage du réac. Le dernier des trois est sans conteste le plus poussé dans le WTF. Le mélange sucré-salé manichéen est encore plus présent et fait immanquablement penser à Happy Tree Friends. Le reste des tribulations du court évoque Saddam Hussein dans South Park le film, et plus généralement la série dans son intégralité pour ce qui est de l'esprit irrévérencieux.
Finalement, tout pue la saloperie humanitaire sur ces tronches renfrognées qui n'exercent leur droit de vie que par l'exècre et l'excrément. Les silhouettes sont celles d'un Tim Burton édenté et crasseux comme un pou. Noires de charbon et d'intolérance, leurs âmes sont enfouies sous un monticule de préceptes échevelés par l'Eglise postée au rang de maître de l'obscurantisme. La narration quant à elle se fait essentiellement par le sermon adogmatique en voix off, livré par un précepteur prêchant la bonne parole par une mise en garde où la nécessité est de se munir de sa Raison. L'humour décape ces cadavres au vitriol pour mieux brosser la face de l'Homme qui se gratte la tête devant ce spectacle impudique. Absurde et inquisiteur : qui dit mieux ?

jeudi 23 décembre 2010

Après le Western (vidéoludique), le Western (court-métragique).

Court-métrage d'Anne-Laure Daffis & Léo Marchand

Un court remarquable pour ses trombines crayonnées dont l'esthétique rappelle celle du très bon Peur(s) du Noir ; long-métrage composite français.

Avec la voix si caractéristique d'Arthur H, qui donne un peu plus de gueule à cet écorché vif qui prend le temps de crever sous l'oeil médusé de son "Johnny Boy".



Et avec ceci, la BO improvisée par mes mauvais soins et autres maltraitances infligées à la sacro-Sainte musique : c'est le p'tit Caennais Häshcut, et son dernier (premier) morceau extrait de la super-démo à venir très prochainement.


Faute de module d'intégration performant, un simple lien URL fera l'affaire !

mercredi 22 décembre 2010

Lipsett : le tâcheron poinçonneur des liserons.

Un court de Théodore Ushev

Du nihilisme traumatique au service d'un immense plaisir des yeux. Un art graphique chic et choc dans la cour des grandes oeuvres enténébrées.


"La vie du cinéaste Arthur Lipsett, une personnalité marquante de la scène cinématographique canadienne des années 1960."