vendredi 5 février 2010

NESSERIA - Nesseria (Trendkill)


Le Nesseria nouveau est là. Pour combien de temps ? Je n'en sais rien. Passées ces considérations chiasmatiques, passons au vif du sujet. Ca tranche, sec, rude, dans les chairs, pour laisser des plaies... A vif. Sombre, Noir, opaque, dégueulasse... A l'image de la production, mais surtout de l'univers que dépeint le groupe, à la croisée de l'illustration de la pochette, dans cette ville pouilleuse et on ne peut plus souillée de parasites où les chiens s'entredévorent. Pour peu, on se croirait dans la citation figée et détournée à maintes reprises : « L'homme est un loup pour l'homme ». Parce que ces p'tits gaillards ont, quoiqu'on en dise, le sens de la métaphore. Dans la peau, ça leur remonte jusqu'au cortex pour que le brailleur en chef s'en fasse une pâmoison braillarde. Je m'explique : ça vomit sévère son dédain, entre une colique verbale à la Converge et un monocordisme poussif à la Celeste. Dernière référence pour le chant français, évidemment, qu'on comprend plus ou moins, puisqu'il faut bien se doter d'une triple paire d'oreilles pour distinguer des grappes de mots parmi ce beau bordel inintelligible, toutefois épais et consistant. Pour rechoper Converge par l'encolure, il faut admettre que les rejetons Français n'ont pas la folie « math-machin » des dernières productions des américains. Alors oui, la comparaison s'arrête vite fait aux influences, s'entend un peu dans la voix, mais ne va pas chercher plus loin, tant Nesseria privilégie le mur du son, sans poser de questions, pour broyer l'auditeur après l'avoir écrasé avec un 38 tonnes.

Mais soit, là n'est pas le principal, parce que le tout, c'est l'AT-MO-SPHERE. J'vous refais pas le cours d'histoire culturelle, ou de culture « G » plus précisément, en vous donnant l'auteur de cette réplique cinématographique (que vous saurez reconstituer), mais vous souffle au creux de l'oreille ce pour quoi cet album chamboule, et touche, là, où ça fait mal, en plein dans le mille. Parce que ça berce, tout simplement, tout ce brouillard épais tout droit sorti de pots d'échappement encrassés depuis des lustres par la tourbe qu'on y a engoncé, foutus garagistes ! Foutue humanité... C'est bien ce que veut enseigner ce son poisseux qui s'échappe à chaque titre, pour délabrer un peu plus ce monde industriel, et rendre à la ville ce qui est à la ville : la légion d'honneur du glauque. Auréolée d'un bon uppercut, elle conserve sa couronne de lauriers pour mieux la sentir s'enfoncer dans sa boîte crânienne, après que ces garnements lui aient refourguée une couronne d'épines pendant son sommeil... Eh oui... Après tout, elle n'avait qu'à pas se reposer, cette petite ingrate... Nesseria lui fait bouffer les pissenlits par la racine, à elle et à tous ses hôtes... Et le fait bien.


Point (crow)bar.


PS : Pour la vraie chronique, professionnelle, et tout ça, vous repasserez...

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