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mercredi 30 novembre 2011

Fucking Mathieu Kassovitz : Le théorème de Mathieu



Un documentaire intéressant qui permet surtout à Mathieu Kassovitz de redorer son blason avant la sortie en salles de son nouveau film : l'ordre et la morale. On y apprend qu'il n'a pas foiré Babylon AD parce qu'il est un mauvais réal, mais parce que Vin Diesel est un gros connard égocentrique qui n'en fait qu'à sa tête et ne veut pas être dirigé, que la Fox pète dans la soie et ne respecte pas les prérogatives d'un frenchie débarquant dans la cour des miracles, que la malchance a parfois fait des siennes, et que le budget avait la peau sur les os. Au fond, il le dit lui-même, Kassovitz n'est « ni Steven Spielberg, ni Orson Welles », il est « fucking Matthew Kassovitz ». Les moments les plus désespérants et stressants pour lui mettent mal à l'aise, et on est bien heureux de ne pas être à sa place. On s'amuse avec lui quand il fait mine de relâcher la tension, et on en ressort instruit sans être entièrement tourneboulé par ces mésaventures de tournage chaotique.
6/10

samedi 1 octobre 2011

Until The Light Takes Us : Light will tear us apart


Une manière originale de traiter le BM avec humilité et détachement, tout en restant focalisé sur les origines Norvégiennes du genre. Au travers d'interviews d'aujourd'hui pour ressasser la jeunesse d'hier, un membre de chaque groupe parmi les plus influents de l'époque font un retour sur les frasques les plus notoires. Qu'elles soient criminelles, politiques, esthétiques ou encore musicales, elles font partie d'un tout qui a façonné le paysage musical Norvégien, alors « pourri » par le Death Metal de « trend ». A ce titre, c'est un joyeux drille de Darkthrone (Fenriz, pour tout dire), qui a originellement versé dans le DM, qui s'y colle pour les ¾, et constitue l'étoile du berger dans le grand Nord, depuis le far du frisquet Oslo. Grâce à lui, on en apprend plus sur la philosophie du genre, aussi fascinante qu'elle peut sembler superficielle.
Depuis sa cellule, une interview de Varg Vikernes, initiateur du one-man band Burzum et criminel ayant défrayé la chronique, rend compte avec une grande exactitude du changement de climat qui s'est opéré avec les années, depuis le schisme qui s'est produit entre les puristes de la musique et ceux qui souhaitaient se radicaliser en portant un message conservateur (et paradoxalement révolutionnaire) fort sous l'égide de la musique. De son monastère improvisé, il pose un regard désabusé mais lucide sur la société actuelle, tout en gardant l'espoir de la voir s'écrouler pour la reconstruire de ses propres mains. Qui a dit Hitler ?
Tous s'expriment dans un anglais impeccable et limpide, qui ferait rougir tout petit français tailleur de veines à ses heures perdues. Comme l'histoire n'est pas de toute première fraîcheur, on n'évite pas les redites par rapport au bouquin des « Lords of Chaos », qui en constitue ni plus ni moins que la version longue au format papier. Néanmoins, Until The Light Takes Us est un documentaire enrichissant pour les mélomanes, et un must see pour tout amateur de Metal extrême. Moins brouillon et touche-à-tout que ce qui s'est majoritairement fait jusque-là, il trouvera assurément son public.
6/10

  

dimanche 25 septembre 2011

Draquila - L'Italie qui tremble


Les rouages d'une Mafia criminelle et d'une mafia Etatique sont déboulonnés sur un même établi pour mieux en repérer les imbrications. La prouesse du film tient dans l'art de la réalisatrice de faire passer Berlusconi pour un dictateur populiste. Construit comme un film de Michael Moore, Sabina Guzzanti partage le sens du drame, mais aussi celui de la mise en scène arrangée pour porter un message fort, pour ne pas dire un coup de poing dans le pif de B. Les méthodes employées par icelui confirment que la camora n'est pas loin...
Au-delà de ça, c'est un regard sur le passé de l'Italie qui est jeté, qu'il soit reluisant ou sombre. De cette manière, c'est la notion de « démocratie » qui est interrogée, avec les témoignages des habitants qui ont été parqués dans des camps provisoires, après le médiatique séisme de l'Aquila, afin de les assimiler, par le jargon utilisé et le montage, à des camps de concentration.

En bref, ce documentaire instructif interroge l'hypothétique existence d'une telle diatribe contre notre petit chef national.  
6/10

jeudi 1 septembre 2011

Hollywood Pentagone - Cinéma et propagande militaire : les liens secrets

Un documentaire très instructif sur les liens apparents et sous-jacents entre le cinéma américain (comprenez Hollywoodien) et l'armée américaine. On y découvre comment des scripts peuvent avoir été modifiés par le Pentagone, en échange de fonds et de matériels fournis aux réalisateurs et aux équipes de production. 

Le seul véritable bémol pourrait tenir dans le manque d'éclaircissement de certains points, ou l'ombre laissée sur des films majeurs (je pense à "La ligne rouge"), volontairement écartés par les auteurs, mais aussi et surtout par les autorités militaires en raison d'un script jugé inadapté au comportement "normal" des marines.


En bref, un documentaire utile pour connaître les ramifications insoupçonnées qui unissent une force militaire nationale à une industrie de la propagande pour quelques poignées de millions.
7/10


mardi 21 décembre 2010

Des NEET (pas) très Net(s).

A l'approche des "fêtes de fin d'année", une bonne leçon d'anti-consumérisme ne fait pas de mal. Inculquée par des marginaux japonais cyberconnectés, elle est le contre-pied d'une politique du "travailler plus pour travailler plus" expansionniste.

Et un Wakamatsu en verve, en prime !



vendredi 10 décembre 2010

Le jeu de la mort : mdr ?

Créer ce qu'on prend parti de dénoncer est quand même sacrément gonflé... Et pourtant, c'est ce qu'a choisi France 2 en laissant la parole à des professionnels, chargés de démontrer la « violence » et l' « inhumanité » croissants sur les chaînes « commerciales ». Comme par hasard... Une chaîne de service public qui se renifle les dessous de bras, ça donne déjà un bon aperçu de ce que peut contenir ce « documentaire ». L'expérience relatée est une adaptation de celle de Milgram, réalisée aux Etats-Unis dans les années 60, et qui atteste que l'Homme éprouve des difficultés à se révolter contre l'autorité directe lorsqu'il lui est intimé l'ordre de faire du mal à son prochain. Pas par sadisme ou esprit pervers, mais simplement car il est formaté pour se conformer à l'autorité afin d'assurer sa survie. Recréer ces conditions et les amplifier de manière à en faire un snuff-movie aseptisé paraissait sacrément osé, et farfelu... A raison, car l'exercice morbide n'apporte rien, si ce n'est la confirmation que la démonstration de Milgram est toujours valable à l'heure actuelle. Le message final est même sacrément réducteur : il est presque conseillé au téléspectateur de brûler sa télé, et de ne plus regarder de divertissements sous prétexte qu'ils sont pour la plupart l'apanage d'une société malade.

Suivi d'un débat, le doc a fait intervenir des journalistes et « beaux esprits » (sic) de tous horizons télévisuels et politiques. Ce pugilat organisé et prévisible a bien évidemment tourné au combat de coq entre partisans et détracteurs de la télé-réalité, de telle sorte que le présentateur n'a rapidement plus su où donner de la tête. Alors, au final, on n'a rien appris, si ce n'est que Morandini, comme dans un sketch des Inconnus, ne dit pas que des conneries, même si on a quand même le plus clair de notre temps envie de le baffer pour la « télé poubelle » qu'il incarne ; et que les « gauchistes » plein de bonnes intentions demeurent paradoxalement les moins ouverts au dialogue... Circulez, y'a rien à voir. C'est l'heure d'aller se coucher. Au pieu (Ou au tombeau ?).