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dimanche 25 septembre 2011

Burst - Origo : Fraîcheur de vivre, Hollywood chewing-gum


Jouer dans la classe ricaine est devenue la norme depuis des lustres. Tout le monde aspire à y entrer, tout le monde aspire à les écouter. Maintenant ce sont les Swedish qui s'y collent. Pas que ce soit une nouveauté, mais j'y prête pas mal mon attention ces derniers temps. Et des cartons, j'en ai exhumé Burst. Miam. En réécoutant ça je me suis demandé comment j'avais fait fi de m'enthousiasmer devant ce mélange de Postcore, d'Enslaved (pour le chant clair et quelques gratouilles) et de metalcore cultivé. Un chant aux abois façon (bon) Killswitch Engage du bon côté de la force, avec des tripes 100% label qualité qui sont crachées avec cohérence avec les guitares mélodiques.
Origo, en soi, raconte une naissance. Après Prey On Life, un album concept pouvait donner la patate à un groupe encore trop brut de décoffrage qui souhaitait se réinventer. De la positive attitude, activée de couplets progressifs bien structurés et surmontés de refrains entêtants qui mouchent bien les esgourdes. Intermèdes hippies, salsa du démon, balnéothérapie à Bornéo... C'est aussi ça, une croisière qui s'amuse... avec le rock progressif du Crimson.
Le chant mélo peut tomber dans le pot de miel, mais une gorgée fait jamais de mal pour se remettre d'aplomb, surtout quand le groove est gorgé à blinde dans la voix du grogneur. Y entendre les quelques préludes d'une sophistication post-black me hérissent le poil pour que je me le caresse dans le bon sens. T'y vois du Opeth ? J'y vois de la pièce montante hybride, trouvée dans un coin de l'iceberg, ou dans un fjord, près d'une carte postale sibylline où Papy Henry racontait ses souvenirs de vacances en Australie, pendant l'ère glacière. Les caraïbes pour les caribous, un carré de chocolat dans la main droite et la glace sur le front pour décuver. Gris, mais pas terne.
Youpi youpo, la master-class habite ce groupe ; what else ?  
8/10


mardi 6 septembre 2011

Young And In The Way - Amen : Sergent-chef l'apôtre hérétique


Quand tout s'barre à vau-l'eau, qu'il est plus facile de s'aplatir le chignon que d'enfoncer ses bottes pour fouiller les surfaces à combustion, on en revient aux fondamentaux. Suivez la ligne, percez le regard. Quand on sonne les cloches, on a bien vite fait de gratter la crasse noirâtre pour laisser s'échapper des noiraudes. Le Black Metal reconnaît ses pairs, bien qu'il préfère choyer ses sbires au lieu de les encenser. C'est de cette union infructueuse, mais pas incestueuse, qu'est né ce groupe de jeunes dans le vent. Sûrement un vent adultéré par le fondement, car tellement opaque à renâcler qu'il est plaisir pour le porcinet caché au fond du gouffre de la planète nommée « chacun », à se baffrer des déjections calcinées des primates attifant leurs massues surmontées de clous pour percer un trou dans la couche d'ozone et griller au soleil leurs dernières cartouches. Saucisses à bovins, anisés par l'irrespect des règles prioritaires de courtoisie laborieuse.
En revenant à nos moutons oisifs, la croisière s'amuse à grossir les traits de leurs cons dégénérés déguisés en pingouins de bonne classe en due forme.
Haïr les masses grégaires, c'est comme s'occuper en alignant des mots vides de sens, en cercle parfait pour tromper la cadence. Décatis, à bout se souffle, on leur donnerait presque le bon Dieu en pâture pour qu'ils s'élèvent un peu. Style à poncifs, guidé par un arc redondant selon les espions pas très fidèles qui cassent toute opposition de l'intérieure.
Sur tous les territoires, dans toutes les maisonnées, le schéma a déjà été testé et approuvé, mais l'adepte ne se fait jamais vraiment à l'idée de capitaliser ses fanfreluches pour en faire un bagage inamovible où la bile aura coulé, verte puis noire, en rainures marbrées pour étaler du flan sur les corps assommés des ourdes dégommées au vitriol sur couche de papier peint à l'encre numérique.
Qu'on leur jette des billets, c'est un contresens aporétique, et on ne le répétera jamais assez, mais après tous ces gorets ne sont-ils pas les lointains descendants des animaux de foire qui jonchent la planète au-dessus de leur tête ?

Méchant, sale, brut, sincère, authentique ; à demi-pourri par la porcherie saine.

7/10

A l'école de la bassesse louable, un split avec les marteaux-pinailleurs déplumés à la ponceuse de Torch Runner.

dimanche 4 septembre 2011

Satyricon - Volcano : La danse des sonnettes

Une entrée en matière rassérénante, un souvenir prégnant d'une époque où le BM n'était qu'une simple étiquette à mes oreilles. Pas le premier tombé dans mes cages à miel, mais le plus remarquable, croisant le fer avec l'Indus ou le Rock le plus viscéral. Black'n'roll, comme on les accusera de faire après cet acte de guerre commis dans une scène ancrée sur un passé prestigieux mais lourd d'immobilité.

Trendy, pour les puristes, rafraichissant pour les amateurs de metal au sens large, ayant eu l'occasion d'apposer un bout d'oreille sur l'émissaire « Fuel For Hatred », brûlot rock'n'roll à en décapiter des vieux grimés de la vieille.

La nostalgie est un péché, qu'on a parfois plaisir à retrouver quand le résultat s'avère toujours aussi bon. Peut-être plus évident et moins admirable qu'à une époque, il n'en reste pas moins qu'il fait bon se dire que les choix qui ont été faits ne l'ont pas été en pure perte. Et valent d'autant plus lorsqu'ils se sont imposés d'eux-mêmes grâce au parrainage.

Un détournement des riffs glaciaux originels du BM au profit d'un groove inattendu et de compositions à l'effet malsain décuplé par la rigidité de la structure des morceaux. Plus direct, plus catchy, plus in your face, moins spirituel et alambiqué, un produit d'appel pour les bambins pas encore entrés dans la partie dérobée du côté obscur.  
7/10


vendredi 20 mai 2011

Wolok - Caput Mortuum


Black metal de l'espace. Post-black de mes fesses. Black metal weirdo. La radio dans ta tête. De la neige à l'écran. Des interférences. Une speakerine qui a bouffé un chat. Un peu comme si Lynch se mettait à faire des films d'horreur. C'est aliénant, grotesque et fantoche. C'est parfaitement réussi.
Du black désarticulé pour pédestriers désaxés. La messe est longue, vite dite, mais le père Lachaise trouve encore à y redire.
Un son déglingué, approximatif, synthétique, un mec qui sait pas jouer ni chanter : de la pure improvisation à virages déserrés. Avec ça du post-punk froid et misérabiliste aux traits Cold. Une bat-cave de Geek à shooters. La sensation venue du grand froid des orteils. L'humidité au coeur de la moiteur d'une jungle Amazonienne écluse de termites à lames.
Blut Aus Nord a fait des émules depuis l'temps. Des mules, aussi. Caput Mortuum, c'est un peu des deux. Rien à attendre d'un groupe qui se la joue guignol d'entrée de jeu. Tout à entendre. Juste à regarder les flocons tomber sur le tamis. La bourrasque bourre drue. J'en sors vivant, réjoui.
6/10

lundi 16 mai 2011

Demonic Death Judge - Kneel


Certains élans transcendantaux font malheureusement surjoués. DDJ a le syndrôme du bon élève : loin d'être mauvais, récitant bien sa leçon, mais manquant sacrément d'originalité et de style. On pense dans le désordre à Kylesa, Electric Wizard, EyeHateGod, Crowbar, YOB, j'en passe et des meilleurs...
5/10



dimanche 8 mai 2011

Burning Witch - Crippled Lucifer

Khanate ? Diamanda Calas ? Un peu des deux... Surtout du Doom en fait. D'un Doom comme SunnO))) a pu le récupérer pour le recracher d'une manière encore plus diffuse dans l'espace-temps intersidéral. D'un Doom qui confine au trou noir sans pouvoir en sortir. D'un Doom mystique, hypnotique et obsessionnel.

lundi 11 avril 2011

Tragedy - Vengeance

A force de le faire tourner en boucle, j'ai fini par le faire décoller, le serpent. Alors monsieur, c'est kwaaaaa ??? Eh bien, petit, ce n'est pas le groupe auquel tu penses lorsque tu te pouffes derrière tes mains de morveux, en renaclant le remix de Noël d'NRJ ou une autre de tes chères radios à la con, mais c'est un groupe de Crust ; encore un truc qui va te faire pouffer. Qu'est-ce que je disais... Mais arrête de te marrer, sale avorton, je vais te calmer sévère cette marmaille avec ma caillasse balancée depuis le bus tour de U2 collé au parvis de Vichy. Quand je te dis « Vengeance », qu'est-ce que ça t'évoque ? Rien ? Eh bien moi pas beaucoup plus non plus, à part des galopades zélées dans la nuit noire battues par une batterie de cymbales et de baguettes en tintamarre « tchaka poum tchaka poum tchaka poum ». Alors là évidemment tu te gausses en « lol » et en « mdr » mais ta face reste morne. Parce que faut pas déconner, Tragedy impose le respect, même aux petits français qui ont trop bouffé de Hit Machine à plein nez. Si je te dis que c'est pas original, tu t'en fous, comme moi, parce que ça se la donne grave et que ça mange pas de pain mais que ça fout des baignes aux niais comme pas possible.

Merci Johnny, merci To, à dans 10 ans, même jour même heure même...

lundi 28 mars 2011

Burnt By The Sun - The Perfect Is The Enemy Of The Good

Pouah pouah pouah. J'étais passé à côté de ça... Toutefois pas sans y avoir jeté une oreille... Aux oubliettes, pas attentive, préoccupée par d'autres considérations bassement mercantiles, sûrement... Alors que tout est là, était là, sous mes yeux. A force d'en prendre plein les mirettes on n'en apprécie plus rien que les pâquerettes. Un sac à vomi, une paire de couches, et c'est parti ! En plus de ça, ça se paie le luxe d'être mélodique et malicieux. Ca balance du Gros Jira (ou du Morbid Angel pour les puristes... pardon), ça se la joue classe et bourru comme Coalesce, c'est perclus de phrases immondes comme Unsane et de temps en temps ça racole avec les vieux Converge de papa. Au Far (far) West (for a lonesome cowboy), on traîne sa dégaine sans tirer un seul coup comme de bons garçons vachers Egyptiens montés sur ressort à double hélice. De l'ADN de champion dans des veines irriguées d'un sang aride et coagulé pour la plèbe en liesse pourtant on ne peut plus lasse. Sur les murs de Fort Alamo, j'écrirai ton nom en lettres pourpres, ô toi SATAN. Oh marre ! M'a encore tuer une fois...

En un mot comme en mille qui tombent en plein pas dedans les esgourdes d'Emile, c'est du Grind de haut vol!


FN : Relapse c'était quand même cool à l'époque...


Vieux Con.

jeudi 24 mars 2011

Lucertulas - The Brawl

Lucertulas tue, mais encore fallait-il que je m'en rende compte. Un concert de plus à mettre à la liste des regrets, un autre parquet d'enfer à lustrer et briquer d'un air lubrique. Les gars pratiquent sans doute possible un Black de Mathcoreux pour s'enhardir d'accoucher du label « Noise ». The Brawl est inquiétant, mais distribue aussi des mandales. Comme Jésus qui fout des pains dans les poires des assaillants maures de faim, Lucertulas serpente et fait ondoyer sa danse du ventre ventripotente. Pour papoter ou peloter, il y a de quoi se palucher avec ce fatras d'attirails contondants aux accents Shoegaze tout dreamy blindés de Far West de l'espace. Qué? Épiloguer ? Pas besoin. Tout est dit en moins d'une demie-heure. Le Reign In Blood du petit Punk. C'est sûr, une fois n'est pas coutume, j'apprendrai à réfléchir mes activités et ma gestion du temps une prochaine fois.

mercredi 16 mars 2011

Cult Of Luna - Cult Of Luna

Noir noir noir. A se demander comment j'ai pu faire l'impasse sur un pavé aussi gros du Postcore. Etiquette à laquelle il faut également affubler le terme « Black » pour parfaire le tableau entrevu dès la pochette. Parce que de ci de là on ratisse les influences pour parler de Neurosis, mais ce premier album de Cult Of Luna a surtout à voir avec le feeling Black metal âpre et rugueux que pas mal de suiveurs ont adopté depuis, les français étant loin de faire exception dans le gros lot. Car ce grelot est une énorme pioche pour qui veut se la jouer arpenteur des contrées sombres mais pas trop. Eclairé de droite et de gauche par de subreptices halos de lumières perçant en raies, le climat est lourd, étouffant et envahi par la pénombre. Sans se la jouer plus avant littéraire de basse-cour, il faut dire qu'il n'est pas étonnant que Céleste en ait récupéré la quintessence pour reproduire d'album en album cette même recette qui sur papier s'avère tout bonnement génial. Parce que rien ne vaut le savoir-faire de l'original, et non pas la partition erronée que se donne le toupet de jouer des groupes comme le sus-cité, les belges métamorphes d'AmenRa ou encore les Orléanais de Nesseria ; principalement pour l'atmosphère délétère conférée par le son.

Jamais rattrapé ni égalé par la suite, le sobrement intitulé « Cult Of Luna » joue dans sa propre course pour faire péter les fréquences de tout bord jusqu'à saturation. Que ce soit par ses disciples ou par le groupe lui-même, l'album n'a donc jamais connu de successeur digne de rivaliser d'ambition dans l'éclatement de la frustration, dans l'exhibition d'une beauté rare pas pute, l'expression d'une mélodie bâtarde mais pas chienne, et pour schématiser : dans l'émotion pure. Allez toujours chercher du côté des rejetons, surtout chez Somewhere Along The Highway, vous n'y trouverez tout au plus qu'un groupe de Post-Rock Sludgy vaguement inspiré qui s'invente une nouvelle vie au lieu de se confondre en excuse pour avoir commis l'irréparable dès leur premier effort. Accouché dans la douleur ou pas, le petit (jeune) premier aurait dû rester fils unique au lieu d'être relégué au statut de fils aîné chouchouté par son public, jalousé par ses frères, et renié par ses géniteurs.

samedi 12 mars 2011

Hebosagil / Viisikko - Split

Viisikko comme Hebosagil tapinent du côté de l'appliqué Celtic Frost et du divin Teeth Of Lions Rule The Divine, de ce Doom noir de charbon coupé à la cerpe. Le cadre est délétère, l'employée, assermentée, l'ambiance, infernale, irrespirable. A ce titre, le dernier morceau est phénoménal : élu meilleur morceau Doom de mon dentier. Bethlehem ? Silencer ? La poisse. Parce que ça grésille dans les tiroirs raclés par des ongles crasseux, c'est d'évidence plus commode de le rapprocher des Blackeux Darky sus-cités que du flegme tout délavé Finnois mais pas finaud, j'ai nommé Wormphlegm.

Et dire que c'est un groupe de Hardcore qui a à ce point chié dans la colle... Pour le coup, ça la fout mal.... Et pouf, comme par magie, voilà que se tassent deux morceaux de coreux croustillants bien balourds entre deux masses cendrées, comme pour rappeler à tous d'où vient le groupe du grand vizir à l'orthographe impossible à retenir.

Un peu gavés comme en oies que nous sommes, sustentés de but en blanc, nous proclamons dès lors refuser le diktat de la baguette furibonde, au profit d'une main forte mais tranquille prêtée au côté obscur de la force. « Doom Spirit », nous acquiescons au règne de la torpeur glissée dans la pénombre. Dans la crasse, on se rend compte que le vilain Hebosagil va même renifler de la Carcass à l'occasion du deuxième morceau. Avec tout ça, c'est sûr que c'est pas pas encore aujourd'hui que j'apprendrai à lire... M'enfin soit, le tort tue, ce split aussi.

jeudi 24 février 2011

EyeHateGod - Confederacy Of Ruined Lives

Tout le monde en parle ; de cet album d'Eyehategod marqué du sceau du nouveau millénaire. Parce qu'avant tout, le son est abrasif, monolithique et pourtant si chaleureux... Et surtout parce qu'il contient le fameux « Jack Ass In The Will Of God » si apprécié en live pour son épilogue dantesque. Si la production de cet album vit avec son temps et par conséquent sonne au poil, qu'en est-il de la fraîcheur des compos , et de leur capacité à se renouveler ?

Eh bien... Comment dire... C'est un peu la débandade : dur, puis mi-mou, avant l'épuisement total. Pourtant le corps était bien caverneux, tout irisé de sang qu'il était par l'excitation du riff qui tue et du rythme qui remue... Malheureusement, Confederacy of Ruined Lives donne, comme ses pairs, la désagréable impression que la pièce ultra-homogène, ou devrais-je dire intégriste, s'essouffle par manque d'investissement de nouvelles idées ; à l'intérieur de l'album, comme au sein de la discographie. Pourtant, il est clair qu'on prend bien un pied d'enfer à ramasser sa misère pour la comparer à celle du chanteur abîmé par la taule, les drogues, l'alcool et pour résumer : les excès en tout genre.

Parce qu'EyeHateGod est toujours resté EyeHateGod : un des outsiders, avec Buzzov*En, dont l'esprit « Punk » à contre-courant ne s'est pas tari avec les années, alors même que ses collègues de la catégorie Sludge ont pu emprunter une voie qui ne leur ressemble pas. Après tout, c'est peut-être bien ça qu'on aime chez eux et qu'on leur reproche en même temps. Que voulez-vous, l'amour entre pourceaux peut souvent être vache...

mercredi 23 février 2011

Alec Empire - Intelligence & Sacrifice

Au programme des faces A et B, du CD1 et du CD2 : d'un côté, le Sacrifice, de l'autre, l'Intelligence.

Cet amalgame Sacrificiel de tôles froissées qui s'éclatent en un capharnaüm abscons me rappelle les remix faits il y a bien longtemps pour la BO de Spawn. De loin, on pense à Nine Inch Nails, de près, au Breakcore ; de visu, à Drumcorps ; au coin, à Pantera et Slayer ; à l'aveugle, aux Stooges. La scie sauteuse pour le chien Rantanplan. Pas de rififi pour Rintintin qui n'a rien que tintin pour la douceur. Et pourtant... C'est un coup de cœur roué de coup que j'ai ressenti pour cet énergumène sonique hybride. Confondant , I&S est torréfacteur sans être insupportable.

Et ça se vérifie avec la mise à l'épreuve d'une Intelligence qui respire la bouffée d'air vicié d'un blond vénitien péroxydé au monoxyde de carbone. Parce que chaque structure enchevêtrée est incapacitante dans cette litanie digitale à base de boucles de 0 et de 1, l'exercice désarçonne alors qu'il respire l'éclat d'Esprit, au point que le grand Esprit en présence peut laisser perplexe : écoute-t-on le même groupe ? Observe-t-on impassibles à une métamorphose de la chenille qui se tordait alors, en un papillon malformé ? Une BO pour un David Lynch ouvertement fouteur de gueule ? Aphex Twin, Amon Tobin ? Extrayez votre abstraction de ce corps musical !

Un cauchemar, deux manières de le modéliser. Une première partie plus captivante (et moins captieuse ?) que la seconde, moins encline à nous enfermer dans la toile de son réseau saturé d'informations contradictoires. Tout aussi terrible mais infiniment moins instantané, la deuxième galette régale à long terme d'une vengeance surgelée. Au bout du compte, Intelligence & Sacrifice fourmille de suffisamment de détails pour faire boucler de but en blanc cet album crépu d'une part, mystérieux de l'autre. A la chandeleur, à la bonheur ! Cassant, crasseux, classieux, classique. Affaire classée.

lundi 21 février 2011

Pig Destroyer - Terrifyer

Rêche rêche rêche. Roche roche roche. Dur dur comme la pierre. Pas de basse, un son aigre sorti d'on ne sait d'où. Sur le papier c'est imbuvable, douloureux et insipide. A l'écoute, ça écrase tout. Un véritable conte de fées pour une grenouille dégueulasse flétrie de bouillie au coin des lèvres et qui se transforme en prince charmant de la barbarie salvatrice. Une maestria du riff d'une évidence même pour du Grind sous amphét' à blasts qui file à toute allure avec la nonchalance charmante d'un Today Is The Day. Pour celui qui a le coeur bien accroché et l'estomac déjà retourné, l'expérience est terrible. Instantané et malsain à souhait, Terrifyer concentre une violence catharsique à l'état pur. L'écouter, c'est l'adopter.

samedi 19 février 2011

Okkultokrati - No Light For Mass

Contaminée jusqu'à la moelle par le houblon. Petits enfants illégitimes de papy Venom plus qu'enfants bâtards de Darkthrone. Si on peut parler de Black, c'est plutôt de Black'n'Roll, et donc d'un lointain parent d'un énième cousin de Mötorhead.

Et puis après tout, à bien y réfléchir, Okkultokrati n'a pas grand-chose de Black, si ce n'est la nationalité. Disons plutôt qu'il s'inscrit dans le prolongement de nombre de groupes de Hardcore à qui il ne suffisait plus de bouffer les skeuds de Black Flag et qui ont malencontreusement lorgné un bout de leurs esgourdes du côté de la scène Metal. Donc oui, Okkultokrati a quand même le grain de folie machiavélique que peuvent avoir Watain ou Funeral Mist, mais n'a pas grand-chose à voir avec les vieux de la vieille scène Norvégienne plus connue pour ses frasques People et criminelles que pour sa musique coupée au couteau.

Décidément, l'atavisme, ça craint.

jeudi 17 février 2011

Paint It Black - New Lexicon

Sous ses dehors de groupe de Hardcore classique, Paint It Black est plus que ça. Comme son nom l'indique, il a parfois des accents de noirceur qui siéent bien mal à ses quelques séances euphoriques de Punk à roulettes. Mais plus encore, ce sont les incartades expérimentales qui font toute la différence. Quand ses cousins se contentent de donner dans le minimum syndical, Paint It Black creuse la valeur ajoutée. Il fait fourmiller le détail pour faire frétiller les membres sollicités par les roulades hyperactives du rythme. Agités du bocal et sclérosés du bulbe, les gars ont le savoir-faire pour frapper dans le lard et la manière de manier l'énergie pour la beauté du mosh.

Pas la révolution ni l'orgasme sonique, mais un gros représentant du Hardcore « middle-school », entre la vieille école et la nouvelle pour tirer le meilleur parti des deux tout en ayant une forte inclination pour la sagesse des aïeux. Dans ce sens, on n'est jamais loin du Hardcore touché par la grâce des spiritueux de 108.

Alors toi, oui Toi, si tu veux du gros, du lourd, qui tape fort dans la chambrée Hardcore sans pour autant détruire l'héritage des anciens, écoute la fratrie des coreux qui décidément ont tout à gagner à broyer du noir.

mardi 15 février 2011

Elysian Blaze - Levitating The Carnal

L'ampleur et la majesté des mouches d'une coulée de Sang du Nord au tranxène. Proxénète du misérabilisme, de la dépression et du désarroi, cet incendie de l'Elysée se fait l'écho infernal d'un art déco abyssal en décrépitude. Touché au fond par la course effrénée à l'excroissance de la connaissance, Levitating The Carnal se laisse surmonter par le cours des événements pour plonger dans une léthargie liturgique. Attirés vers le fond des choses, on suit l'invitation à cette ballade orchestrée pour les tares d'une pellicule dramatique en devenir, vécue par tout un chacun à l'approche de l'échéance. Au programme de la foire à la procrastination : du Shoegaze pour radoucir les moeurs délitées, du Dark Ambient au format Cold-wave, et une production excavée pour ragaillardir le true creusé en nous par l'Aurore Lunaire. Dans la batcave longue de trois décades, pas d'Abandon Détestable pour autant : plus une dégénérescence de nos Abruptes (houm !) et lambines pérégrinations à travers les Tundras. A l'avant-garde, on pense à cet Amoureux de la Vie qui batifole de ses incursions au piano, mais aussi au Brillant d'un BM lustré au mélo tout pimpant qui n'avait pas été astiqué depuis des lustres. Clinquant d'un rouge pompier rutilant, le Noir se dispute au gris pour chasser dans la cour de Lutomysl ; où accourt le Leviathan de Xasthur, qui guette entêté l'arrachage de moral d'arrache-pied au détour d'un croisement de portes dévergondé. Comme une lettre à la Post, le Black se terre sous d'obscurs étendards d'oripeaux déchiquetés au Silencieux. Plus grave et emphatique que ses aînés, l'apprenti développe sa version dérivée du produit de l'Art élaboré par le Dissimulateur de Calice. Une montagne de noms à annoner pour contenter les arpenteurs de monts à mots fuyant à tue-tête vers le hameau.

A écouter les soirs de mines déterrées traumatiques de festins faisandés. Au fond du cercueil ou du sarcophage, mettez du cœur à l'ouvrage à fréquenter l'écueil. A consommer sans modération tant l'aigre-douce sensation de se délecter d'une ciguë si goûtue est à ce point rare.

samedi 12 février 2011

Stonehelm - Stonehelm

Un groupe qui en singe un autre a toujours plus de chances d'avoir ses groupies derrière lui. Pas que le style musical soit essentiellement destiné au public féminin, non, juste qu'un groupe qui bouffe une part de marché à un autre tombe plus facilement dans l'oreille d'un sourd défoncé au culte du groupe original. Culte de la sorcière aujourd'hui, ou demain... Selon les convenances, et les apparats dont l'intéressé se drape pour reproduire des simagrées fidèles dans le théâtre Romain des disciples qui cassent trop.

Romani Ite Domum, en la demeure de Dorset, mais avec la rage au ventre de s'être fait rapatrier en charter made in Sarkoland. Parce que les canailles grondent aussi fort qu'Hebosagil, en chaloupant l'écume comme le fait le Sludge, pour prendre le large et surfer sur la vague du factieux poison à hippies. Du cyanure dans la « cup of tea » septentrionale pour rabibocher les amoureux du moteur en V qui ronronne pour Vendetta. Du col on s'en fiche quand du reste le petit écolier s'y colle et s'en saisit pour nous au collier.

Psyché-Doom-Sludge-Paralytique idéal à l'approche des beaux jours, le T-shirt de rigueur, les écouteurs vissés sur les esgourdes et la pulsion du mosh dans les godasses. Les portugaises en charentaises entre deux à-coups aux portes de la Bérézina monolithique. Feuilles de choux bariolées d'ecchymose et autres tartines dardées de piqûres cramoisies d'avortons sur la panade de plages à tsunamis. Tous aux abris, les pierres nous tombent sur la gueule, ramassées qu'elles sont par les cieux qui sombrent sur les crânes ovoïdes. Rien que ça, et avec tout ça, de quoi faciliter le transit intestinal pour couler une nouvelle myriade de menhirs pour des siècles et des siècles.

Stonehelm peut tranquillement s'endormir sur ses lauriers, il a indubitablement dépassé son complexe d'Oedipe sans pour autant l'enterrer. En attendant la prochaine colère divine (ou bovine) pour s'assurer que tout est bien en place après les chamailleries de cette récréation ?

Fuck The Facts - Disgorge Mexico

« « Fuck The Facts », encore un de tes groupes à la con... ». Mais non, tu sais, toi + moi + lui, pucelle, et tous ceux qui le veulent, allez, venez, et entrez dans la danse...

D'un après Stigmata High Five, déjà couru par la verve Convergienne, les Canadiens sont sortis de leur hibernation pour attaquer de plus belle. Disgorge Mexico dessert du Grind ouvert et moderne à la Inhatred. DM fait d'ailleurs partie de ces albums de Grind qui marquent. Je dirai même plus : il est le plus goûtu que j'ai jamais pu goûter. Les compos sont pour la plupart habitées d'un souffle épique, parcourues d'alternances mid et up-tempo... Jusqu'au down-tempo le plus pesant, post-machin chose, chaotique ou... romancé. Passionné, oui, car certaines mélodies sentent l'eau de rose siphonnée et dégottée de derrière les fagots. Des brutes au cœur tendre ? Le croyez-vous vraiment ? Est-ce seulement possible ? Une femme serait au chant ? Moi qui croyais qu'il s'agissait d'une chauve-souris sous stéroïdes...

DM (Dominique-Michel ?) est un gros bébé braillard incapable de tenir sa ligne de route tant sa conduite accouchée dans la douleur se fait tout en dérapages. Cependant toujours en restant sur l'asphalte d'un incarnat bruni à la gomme cabotine. La langue bien pendue de ces chiens andalous épanchés pend d'une soif revancharde sur le rebord de la portière du fourgon. Braquage de gauche à droite, tout est fluide d'incohérence, tout file à une vitesse hallucinante d'idées folles. Sans alcool, la fête est plus molle, car plus solennelle. Cependant pas trop propre sur lui et angélique pour autant, DM s'offre le toupet de faire un grand ménage de printemps dans l'imposante fourmilière des crasseux mi-punk mi-metalleux mi-mollette. Le bougre éborgné n'est pourtant pas aussi subtile et assumé qu'un Yakuza, qui sait jouer du Jazz pour l'intégrer à sa soupe décroûtée qui de toute manière ne joue ni dans le même style, ni dans la même cour. Apportant sa modeste contribution, FTF tente derechef l'élaboration d'une nouvelle cuisine. Et pour nous mitonner, la prod s'avère assez claire sans être aseptisée, et les quelques erreurs de trajectoire, prises notamment dans le virage « La culture du faux », n'empêchent pas la course d'être balayée en un temps record. Résultat des courses : Fuck The Facts a pondu son album le plus mature avec cet essai transformé en 2008, alors même que le petit dernier peine à le dépasser, tout guindé qu'il est sous sa forme de démo mal emmanchée pour passer les vitesses.

Dégorge l'asticot, dégorge Mexico !

jeudi 3 février 2011

Häshcut - Demo

Les pavés sur la plage, le temple de la Terre tremble. Délétère, la fanfare des pachydermes éméchés trompe cette cuisine aménagée de recettes qui défaussées à perte, pètent les oies, comme trois pattes à un canard. Les fosses moissonnées et les dépouilles restituées aux fossés par ces fossoyeurs déclarés a de quoi rendre septique. Car les sbires ont l'étoffe de maîtres ès messe noire metal. D'un son étoffé et étouffé, la poupée de cire accorde le beau geste à scions de la bonté d'un grain déversé dans la véritable ivraie. « Pollution ! ». On suffoque là où nos aïeuls ont découvert un ailleurs où « le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur une montagne de fange ». De sursaut en sursaut de saisons passées dans l'abysse, on plafonne à l'acmé désastreux des astres dévastés. Poissons poisseux pris dans le filet émaillé, on adhère aux lampadaires projetant lumières blafardes et captieuses pour embraser les plaines désertiques d'un jaune pâmé embrassant le pourpre profond. Pommés d'opiniâtreté et chuintant nos logorrhées, on choit en gorets sous la masse à crans pour ramper dans ce bayou de choix. Nous, vautours, percevons l'insistance persistante d'un Druide Electrique au regard perçant à peine occulté par des persiennes logées sur les monts d'Hurlevent. Volutes de fumées et circonvolutions sont sombre présage d'une vacuité méphitique exhalée par le passant en circonlocutions adipeuses et mordantes. Mort à la Nouvelle-Orléans, ressuscité place de Vénus à Millau par un pont jeté d'une outrecuidance indigeste d'indigence de la cuisse de Jupiter.

Mon nom est personne,

Rendez-moi ma Harley-Davidson.