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samedi 15 janvier 2011

L'étrange noël de M. Jack : Halloweenohell.

L'étrange Noël de M. Jack est encore à ce jour, à mon sens, la meilleure production de Tim Burton. Véritablement réalisé par Henry Selick, ce film d'animation est un incroyable conte manichéen entièrement matière à réflexion sur notre monde ; le réel. Mais dans ce lugubre et merveilleux imaginaire, l'originalité de l'apparence et du caractère des êtres maraudant autour du cimetière est remarquable. Leur capacité à s'émerveiller des choses que les hommes ignorent, au mieux, ou au pire, rejettent, fait à la fois toute leur singularité et toute leur force. Et à ce titre, c'est l'épineuse question de la différence, et de l'intolérance qu'elle suscite, qui est supportée par une fantastique mise en scène des parias qu'on met au ban de la société sous prétexte qu'ils ne correspondent pas aux standards qualitatifs et quantitatifs édictés par la Reine fourmi. Au-delà de ce microcosme, c'est donc toute une réflexion sur le totalitarisme hypocrite qui est menée. Celui façonné par des humains dont l'insatiable soif de faire progresser leur civilisation outrepasse les règles étiques qui pourtant ont fait partie intégrante de sa fondation. Les thèmes abordés en filigrane sont donc on ne peut plus d'actualité, et le demeureront tant que l'homme restera ce qu'il est : en proie à l'erreur, la peur et la haine ; mais aussi la connaissance, la Raison et l'amour ; choses que Burton incarnent et inspirent par l'ingénieux subterfuge d'une pellicule maniée avec brio.

jeudi 16 décembre 2010

Les Voyages de Gulliver : Une histoire sans fin.

Sous ses dehors de conte télévisé pour la jeunesse, Les voyages de Gulliver est incroyablement futé. Essentiellement destiné aux enfants, il permet aux jeunes de 7 à 77 ans de porter un autre regard sur la folie par la mise en scène de la frontière poreuse entre fiction et réalité. Il est en cela remarquable que la distance entre l'éveil et le rêve soit amoindrie par le parfait enchainement des plans entre les deux univers. Le téléfilm ne se prive d'ailleurs pas de reproduire l'absurdité définissant par essence ces rêves. Grâce à l'attention portée sur le sens de la métaphore, le spectateur est conduit à un certain relativisme de l'existence propice à la réflexion. Il apparaît alors que ce conte est tel que l'histoire du Roi sage opposé à son peuple rendu fou par la source convoitée par tous. Pour finir, il est évident que le téléfilm n'a pas été réalisé au rabais, puisqu'il compte pas moins de trois heures, qui filent comme un éclair ; au chocolat, bien sûr...