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vendredi 2 décembre 2011

Album du jour : Clouds - We Are Above You

L'exception confirmant la règle, je me jette sur la carcasse récupérée sur la charogne du binaire. Sorti dans l'anonymat le plus total, je m'apprête donc à explorer une cavité peu encline à la francophonie. Après avoir allumé ma Torche, insérée ma cassette des Melvins dans la boîte à gants et m'être administré une bonne dose de Punkcore'n'roll façon Coliseum, j'ai mis mon manteau, mes mitaines et ai bien sûr pensé à me coincer un doigt dans la porte pour mieux ressentir les sensations du dernier Danny Boyle en 24 heures chrono. Se préparer à la surprise, ce n'est jamais trop peu en faire, et ça évite bien des désagréments. 

Mais dans le cas qui m'intéresse, moi, je, et surmoi, c'est la découverte d'une nouvelle friandise psychédélique que j'aurais pu ranger aux côtés d'Across Tundras sur mes étagères poussiéreuses de jeune campagnard coutumier des étagères fournies ras-la-gueule. Pour un essai de cow-boy perdu dans le middle-west, quelle est la meilleure durée de ballade à cheval, au pas de course, au galop, puis au trot ? 30 minutes me direz-vous ? Mais c'est qu'on n'est pas en la présence d'un Reign In Blood fastcorisant là... Et pourtant, une fois n'est pas coutume, ces 40 minutes en font taper les 20 dans mon horloge interne. 

Si on voit du bien, on y voit aussi du mauvais. Ecouter négligemment tous les morceaux se suivre sans anicroche, c'est aussi ne rien détecter en terme d'hypothétique hit, tube, single, soit ce qui fera vendre dans des milliards d'années lumières, aux abords d'une galaxie remplie de chemises à carreaux et de colliers de barbes ambidextres. Mais ! Suis-je bête ! Oui, on est animalisé, d'accord, mais en bonne compagnie, car le champ masculin viril mais intelligible et bravant à l'unisson les dernières notes de l'humanité sont presque aussi cool que les appels au mosh-pit du Punk Californien qui marche si bien auprès des jeunes jambes à planche montée sur roulettes. Et si en plus de ça la gent féminine y met son grain de riz, que peut-on y faire ? Etre désarmé devant un argument Kylesien renchéri par une guitare aux effets de delay et de wah-wah connus mais si "nice" au soleil de la Toussaint. Du Stoner de metalleux seventies, hippie arrivé trop tard sur le parvis du pacifisme pour ne pas choper les réflexes bâtards de Queens Of The Stone Age et Black Flag.

Trêve de bavardage, je suis un bien pauvre prêcheur de mauvaise foi, car pour peu qu'on tourne le bouton du volume vers la droite pour de bon, comme pour déposer son bardât dans un barouf fracassant, on y trouve un champ impressionnant de fleurs hétéroclites allant du bouquet de pétunias en passant par des pissenlits bouffés par la racine, des paquerettes ruminées par des vaches Margueritte, et des Dahlia pétant de couleurs achromatiques. Synthétisant des époques et des courants avec luxe et talent, Clouds est peut-être le truc le plus viscéralement jouissif, débridé, doué, à la fois addictif, immédiat mais dur à connaître sur le bout des doigts, que j'ai pu écouter depuis les lustres mal décrassés de la confrérie de Buzz Osborne. Du réchauffé, peut-être, à l'emporte-pièce, probablement, mais de la bonne came, pour sûr.
7/10

Allez, parce que j'aime les singles ballade Scorpionometalliquesque cultivés dans mon jardin 100% bio, garanti sans aucune onde radiophonique émanant des producteurs d'Ornithorynques Généralement Mauvais, je vous gratifie du chant féminin Subrosien qui fait fondre. 

mercredi 30 novembre 2011

Album du jour : His Hero Is Gone - Monument To Thieves

Retour, wayback machine pour du Crust à corniches plombant mais toujours moins fondu que ses prédécesseures les galettes, fendues d'enclumes martelant le pavé. On se dit toujours qu'il vaut mieux écouter l'appel du large et revenir aux bonnes sources bien sûres et cristallines, plutôt que cultiver l'ivraie pour trouver le grain minuscule dans la mêlée. Et ce n'est pas vraiment faux, sauf quand ladite pensée est habitée d'une certaine paresse auditive. D'accord, MTT c'est Like Weeds, un phénomène à lui tout seul, abonné à l'intro dantesque et aux summums de l'épopée, mais il faut reconnaître que les 25 minutes défilent sans s'en rendre compte, en passant par un "Chain Of Command" au riff inspiré et infiltré de pessimisme apocalyptique.  Du lourdingue coupé à la gomme à dopamine, qu'on m'en donne, car je ne cherche après tout plus autre chose que me rappeler aux bonnes choses du temps passé. A la fois le meilleur hommage que je peux lui rendre et le pire affront que je peux lui faire. A toi/vous/moi de choisir (ou de moisir ?).

samedi 29 octobre 2011

Album du jour : Devin Townsend Band - Accelerated Evolution

Mélodies faciles d'Ultra Vomit ? Ah non, Devin, sur sa dernière piste intitulée "Slow Me Down". Lequel ? Le Devin qui jouait dans Strapping Young Lad ? Ouais, un peu, tant il reste des stigmates de City dans ses poussées vocaliques rageuses. Mais aussi beaucoup, beaucoup du Devin tonton du Townsen Band actuel, plus calme, plus consensuel, mais aussi plus chiant et prévisible. Malheureusement on en fait vite le tour de ce Devin pas très divin, qui se servait de son projet perso comme d'un intermède au trop violent Strapping, pour faire son petit bonhomme de chemin en tant que petit routier du progressif, avant d'apposer le "band" après que son premier groupe à succès ait périclité.


Un guitar-hero du Postcore, voilà ce qu'il m'évoque, avec ce "Deadhead" vachement connoté Sludge de sensible, et ses quelques démonstrations techniques dignes de Steve Vai, son mentor officieux. Le meilleur morceau, presque, ou le plus abouti pour être plus exact, parce que le reste trempe soit dans la mièvrerie joyeuse de claviers dégoisant leurs notes aussi belles que la pochette (qui devait déjà être moche à l'époque) relève d'un haut niveau de graphisme assisté par Photoshop, soit dans la sensiblerie transcendantale agréable mais "déjà entendue". En somme, ces aparte personnels lui permettaient d'expérimenter pour le Alien de son vrai groupe, qui ne tarderait alors pas à arriver. Celui-là même constitue d'ailleurs le dernier vrai album du groupe, à mon avis, soit dit en passant.

Dans les pires moments, le demi-Dieu exaspère avec des mélodies juvéniles nasillardes, dont les parties vocales vont jusqu'à évoquer le Metallica d'aujourd'hui. Dans ce registre, "Traveller" est le pire d'entre tous. La batterie suit à la trace avec une percussion d'Hélène et les garçons, dans le pire des cas, quand le refrain doit être martelé pour rentrer dans les petites têtes. Mais ces chutes de studio ne feront jamais des hymnes, malheureusement... De là à dire que l'hyperactivité de Devin devrait s'accorder un temps de vacances, il n'y a qu'un pas... Que je ne marquerai pas car j'aime moi aussi faire mon caca en quantité et le partager (un peu).

Coup d'gueule, merde, je croyais retrouver le plaisir que m'avait procuré Infinity ou Terria. Pourquoi je peux pas m'empêcher de penser au postérieur et guignol Ziltoïd The Omniscient en écoutant ce résidu de premier degré ? La preuve par Ziltoïd que même lui, à un moment, a souhaité lâcher du lest pour ne pas trop avoir le sentiment de tourner en rond... Du coup, j'me dis aussi, rétrospectivement, que le gueuleton devient croûton, pépé radoteur qui possède son style mais parvient avec peine à le décliner suffisamment pour justifier le nombre de sorties effréné. C'est bien moyen, bien poussif, bien décevant, même si c'est joué par un gars qui sait faire de grandes choses. Un album à réserver aux effeuillés de Rock Hard qui se paluchent sur du sympho. 

5/10

L'OVNI de l'album, le single, qui surnage quelque-peu par son riff simple mais cool :

jeudi 27 octobre 2011

Album du jour : Joy Division - Closer

La division de la Joie. Pas de celle des vilains de l'autre côté du Rhin, mais plutôt celle du bonheur de tomber amoureux, d'avant en avant, du Post-Punk des petits déprimés de la musique pop commerciale. 
Avec l'expérience des bottes enfilées après pas mal d'albums, les Joy signent là leur In Utero de la maturation hors d'haleine, après un Unknow Pleasures qui marquera la mémoire rémanente jusqu'au bout du cycle jour/nuit à travers les tintements de "She's lost control" et "Disorder".

Moins dansant, plus cérébral et vivotant, avec toujours une "vibe" à la fibre surannée. Les élans vocaux de Ian Curtis se font plus profonds et en accord avec une musique plus cold, plus dark wave, moins post-punkisante, au final. Feutrée, à pas chalands mais écourtés, glissant précautionneusement le long des planches, dérapant parfois au bord de l'estrade bien trop élevée pour ces p'tits gars. 

Dans mes moments d'intimité variablement isolée, "Isolation" et sa maxime "This is the curse of the beauty" et le phénoménal "Heart and soul" reviendront fréquemment me harceler dans mes moments de sanité occipitale. Méandres enluminées sur la route du succès, les spots dans les yeux en frôlant les miradors, dos aux réverbères mais le tracé mal délimité de la route droit devant. L'impatience du moteur rivalisera mal avec l'impuissance d'une basse régulière qui régule le traffic sanguin d'une batterie assignée au rôle de copilote aveuglé par le brouillard pénétré de lumière jaunisse.  

Roulements de tambours madrilènes et sud-africains, dans les sombres tripots d'une ville entartrée et pavée de macadam blême. Retiens le silence pour t'en servir à bon escient, repousse la nuit qui tout compte fait te tiendra bien trop tôt. Une raison de dépenser un peu de ses points de sommeil pour gagner plus, en se dépensant toujours plus, jusqu'à ce que la corde achève d'enserrer un cou sollicité, cravaté la journée, noué les nuits glacées, et qui se brise, soudain au vent, en un dernier instant de lévitation bien mal intimée.
7/10, counting heartbeats.

La pièce à part, l'épilogue mystique :

mardi 25 octobre 2011

Album du jour : Obituary - Cause Of Death

Death de Darth Vader. Mou du genou, inconfortable, parfois irrespirable, mais bon, tellement bon dans son rôle de grand méchant au casque vermifuge qui te tourneboule les entrailles par la force du poing qui martèle les cymbales et fait frémir les fûts pour leur faire déglutir ce qu'ils ont de mieux dans le ventre. La route du rom, dès la (mise en) bière bien brassée qui fait couler une longue traîne de cadavres somnifères mariés dans le sang coagulé ; succédané des bleus ecchymoses ligués en un patchwork sordide de traits dessinés sous-cutanée.

vendredi 21 octobre 2011

Album du jour : The Fall Of Troy - Doppelganger


J'ai eu beau l'écouter en boucle, je suis incapable de dire quel morceau prend l'ascendant sur l'autre, quel titre se démarque clairement du lot en dehors du single "FCPREMIX" formaté Campus américain aucunement représentatif de l'album, compact, mais archi-bourré d'influences. Ce qui fait défaut au groupe, c'est la capacité à lever le pied pour faire respirer un peu leurs morceaux qui s'emballent trop vite, sans jamais quitter le tempo de la furieuse joie de vivre. At The Drive-In, Mars Volta, Adebisi Shank, The Blood Brothers, And so I Watch You From Afar, Daughters... L'école des mecs qui mettent tout leur talent au service du bien-être et de l'énergie décuplée au centuple pour ragaillardir l'auditeur dans ses baskets trouées et malodorantes.

Album du jour : Gospel - The Moon Is A Dead World


Du post-hardcore au sens « noble » du terme, affublé de l'étiquette « Screamo » par je ne sais quelle méprise... Pas celui de Neurosis, plutôt dans une définition semblable à celle du Post-Black à la Virus (« As Far As You Can Throw Me »), et ce toujours avec une dimension progressive qui fait le liant entre les (sous-)genres abordés. Une voix dissonante dans le paysage, qui se propulse aux confins du Post-Rock aux stéroïdes ainsi que du Math-Rock, en apposant les deux univers sans que ça ne fasse jamais tâche. Emo à demi-mot, car l'émotion ne se traduit que dans les instrumentations rehaussées d'un clavier qui fait des merveilles, et qui rappelle les belles heures de Genghis Tron. En parallèle, les cris du cœur se font discrets, plutôt monocordes et suffisamment lointains pour qu'ils n'empiètent pas sur la patience et le moral.

mercredi 19 octobre 2011

Album du jour : Neurosis - Times Of Grace

Fi de l'originalité, je retourne au passé, facilement atteignable par le prisme de la bile noire à maux. Mots, bile, être, parce que j'ai envie de recevoir ma tatane catharsique et que c'est dans les vieux pots que les bonnes soupes font les meilleurs amis. Bien. 
Passons aux choses sérieuses. Neurosis est un groupe qui a influencé bon nombre de péquins après avoir effectué un revirement brutal de carrière après le mitigé/médiocre/moyen/conventionnel Pain Of Mind, pour accoucher d'un potage transcendantal à symétrie variable et composition florale inverse, imbibée de rhum, de calva, mais surtout de tendresse lugubre, d'esprit plafonné aux astres et de luxure de cynique à la manche facile, la pioche dans l'autre main pour cultiver le potager. 
Dans la mer agitée décidément par trop connue de tout un chacun, passées les coups de bouture des premières salves déguenillées, on s'apaise en interludes salvatrices et épilogues qui tardent à s'éteindre. Pour la longiligne trêve qui se traîne, à la longue aune du berger qui tisse les toiles filantes. Jamais bien serein, rassuré mais courroucé par la prochaine estocade, le fardeau délicieux se trimbale, au porte à porte de maisons closes auxquelles on ne peut faire voeu de concupiscence. A Byzance ou à Sodome, en un pas, tous les chemins mènent à Rome. 
On se laisse aller au Post-Neurosis, à flots de peau, celui de la nouvelle donne après un Postcore qu'ils ont défini dans la cohue des chalutiers à rascasse du son Sludge le plus poisseux et maléfique puisé dans les filets de la désolation. C'est malin, Neurosis a dû calmer les esprits pour que les oisillons cessent de piailler pour gagner en maturité de façade. 
Un modèle dur à imiter, que même des cousins a priori éloignés comme Ez3kiel reluquent toujours du coin du Manche lorsqu'ils pensent réinventer la musique en s'inspirant de ce que les anciens ont déjà produit. Amours chiennes, déraisonnables, obstruées et bâtardes. Prends la mer, ou ta mère te pendra.

9/10

lundi 17 octobre 2011

Album du jour : Black Cobra - Invernal

Parler de Black Cobra c'est un peu comme savoir que deux et deux font quatre, pour moi, c'est se coltiner la plaie de reparler incessamment sous peu du même groupe, pour en arriver au même constat. Répéter les choses, pour que ça rentre, avec pour thème sonore un maître Corbeau aux manières brutasses. Ce Serpent Noir, c'est une entité bicéphale autrement appelée duo guitare-batterie. C'est bien. 

Ouais, pour moi comme pour eux. Je ressens l'excitation dont ils font jouir la plèbe fosséenne en concert, ô oui, elle est en moi. A mon humble goût d'avis rond, c'est un retour aux sources bien manoeuvré en passant par le cap du "t'as vu j'ai fait du bon boulot en sophistiquant ma musique au fil des albums", "mais maintenant j'ai envie d'à nouveau me rouler dans la boue parce que les bourgeois du metal me donnent de l'urticaire". Plus Sludge que le dernier plus gros album de Sludge de la fournée Créole, nommé Chronomega, il est vachement plus malpropre, aussi, le saligaud. Crasseux, comme le premier, sobrement mais intelligemment intitulé BESTIAL. La basse-cour est belle à voir, et les nombreux atouts de Chronomega sont passés à la moulinette du son brut pour faire ressortir un truc puissant et dégueulasse, défouloir à 1000 à l'heure. L'ampleur du Black Cobra que j'aimais est revenue, alleluïa. La plupart des morceaux sont assez bien foutus pour ne pas être mémorisés à la seconde et ainsi ne pas s'en lasser passées quelques écoutes. Des grumeaux bien épais qui me font sortir des yeux des couleurs vives jaune Kylesa, rouge Mastodon ((Yes We) Can "Abyss" !), parfois, quand la broyeuse prend un peu de surplomb pour arrêter de cracher du plomb. Sous le soleil, il n'y a donc pas, foncièrement, de renouvellement, juste un album pour contenter les fans de la première heure, qui, nombreux, espéraient revoir un bout du sourire sardonique de la bête. 
7/10

Le tube de la galette, le truc qui passera sur NRJ quand les Teletubbies auront gagné les élections, c'est lui : 


Le cadet, mon amour, je ne résiste pas à l'envie de vous le montrer, c'était lui : 

dimanche 16 octobre 2011

Album du jour : Incantation - The Infernal Storm

Reprenant de manière éhontée le principe du site de l'acclamé festival Roadburn et de nombreux autres sites/blogs/journaux intimes/biographies/facebook, j'ai envie de lancer une nouvelle rubrique qui consistera à évoquer de manière plus ou moins longue l'album qui a marqué le jour  du sceau de la boucle musicale. Pas nécessairement un chef-d'oeuvre, mais un truc qui a suffisamment retenu mon attention pour que je laisse ma playlist faire un roulement sur elle-même. 


Du Death old-school coincé entre Grave et Dead Congregation. Certains accents m'évoquent même Portal, en beaucoup moins torturé, certes, mais en tout aussi noir. Qu'est-ce que ça fait du bien de retrouver des groupes de la trempe d'Immolation qui savent manier l'acier et le tremper dans le bon bain pour le faire ressortir vif d'écorchure... Mais pas seulement vif comme l'éclair. Lent, groovy, ténébreux aussi, mettant sacrilégeusement bien en avant l'ambiance putride, je m'en délecte. Cet enchaînement Impetuous Rage/Sempiternal Pandemonium bon dieu ! Pourtant, plus de contrastes entre passages caverneux et bouffées de délire auraient été bienvenues, pour diversifier le schéma fast/slow un peu trop présent dans la plupart des pistes. Je fermerai les yeux, aussi, sur quelques riffs "tintintintin tinlin tintintin" qui font générique de dessin animé façon Draculito. A l'ancienne, Bolt Thrower m'attend à la sortie, je vous laisse. 
6/10